Bamako, dernière étape africaine

29 11 2008

BikeWorldTour, Mali (8)

Le BikeWorldTour a atteint son premier objectif : les bikers sont à Bamako depuis mardi.
Écoutez Julien raconter ces derniers kilomètres africains.

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La Première - Cocktail Curieux - jeudi 27 novembre 2008
 

BikeWorldTour, Mali (9)BikeWorldTour, Mali (10)BikeWorldTour, Mali (11)

Plus de photos du Mali (9 nouvelles photos)



Le point sur le parrainage

26 11 2008

Campagne MSF au CongoLa fin toute proche (décollage de Bamako dimanche) de la première partie de ce tour du Monde est l’occasion de faire un premier bilan par rapport aux dons. Nous remercions d’ores et déjà les nombreuses personnes qui ont parrainé notre projet, et toutes celles qui comptent nous parrainer d’ici la fin du périple : au-delà de la découverte des mille et une cultures qui parsèment la Terre, l’engagement du BikeWorldTour pour MSF est là pour rappeler combien certaines régions du Monde ont besoin de notre, de votre soutien.

Vos dons en quelques chiffres :

- 6630€ ont été récoltés à ce jour
- chaque kilomètre de l’équipe est actuellement parrainé à 0,90
- chaque kilomètre de chaque biker est actuellement parrainé à 0,30
- vous êtes nombreux à avoir choisi la formule “Carte Postale” qui remporte actuellement le plus de succès.

Petit rappel des formules de parrainage au profit de MSF :

- formule “Mollets en Feu” (10€, 25€, 50€) : choisissez le montant qui vous convient.
- formule “Freaky Country” (0,01€/km) : parrainez le nombre réel de kilomètres parcourus dans le pays de votre choix
- formule “Carte Postale” (100€) : un don de 100€ vous permettra de recevoir 4 cartes postales personnalisées, en provenance des 4 continents parcourus. (Cette formule est toujour d’actualité pour les 3 continents restants)

L’intégralité de vos dons est transmise à Médecins Sans Frontières. Quelques exemples concrets d’utilisation de cet argent :

- soigner une personne atteinte de tuberculose : 10€
- traiter un patient du choléra : 22€
- vacciner contre la rougeole : 23€ pour 100 vaccins
- sauver de la malnutrition : 33€
- le suivi d’un accouchement difficile : 40€
- 15 consultations pré et post-natales : 60€
- soigner la malaria : 77€ pour 100 patients
- fournir des antirétroviraux à un malade du Sida : 100€ par an
- la prise en charge d’une césarienne : 180€
- kit médical d’urgence : 400€ (permet de soigner 1000 personnes durant 3 mois)
- kit choléra pour 625 patients : 13553€.

N’oublions pas la déductibilité “fiscale” : une attestation sera automatiquement envoyée en mars pour les dons (cumulés) de 30€ et plus.

Pour clôturer, nous pouvons d’ores et déjà vous annoncer le lancement d’une nouvelle formule “charmante” de parrainage, d’ici peu … !



Live from Mali

20 11 2008

Voici le direct du jour, émis depuis Kita, ainsi qu’une deuxième vidéo malienne.
L’article et les photos d’hier restent bien sûr en ligne pour illustrer tout ceci.

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La Première - Cocktail Curieux - jeudi 20 novembre 2008
 


Petit dej
envoyé par BikeWorldTour


Traversée du Mali

19 11 2008

UPDATE: l’appareil photo n’est en fait pas complètement hs …

BikeWorldTour, Mali (4)BikeWorldTour, Mali (5)BikeWorldTour, Mali (6)BikeWorldTour, Mali (7)
Plus de photos du Mali (41 photos)

BikeWorldTour, Mali (1)Nous quittons Kedougou comme des avions pressés de sortir du Sénégal et de découvrir un nouveau pays pour nous : le Mali. Après une piste billard pour VHV (VTT à Haute Vitesse), nous atteignons la frontière en fin d’après-midi, matérialisée par le fleuve Sénégal qu’il nous faudra traverser en pirogue pour un prix exorbitant compte tenu du pays où l’on se trouve. Mais quand on a le monopole, on l’exploite…

Arrivés de l’autre côté, pas de poste frontière. On passera donc une nuit clandestine au Mali.
Le lendemain, c’est parti pour découvrir le pays. Nous n’allons pas être déçus : des pistes superbes qui nous permettent de tester nos capacités techniques en VTT, de magnifiques petits sentiers reliant les villages entre eux au milieu d’une nature exubérante, il ne manque que Tarzan pour faire vrai.

Arrivés à Kéniéba, le chef de la douane n’est pas là, revenez dans une heure. Pas de problème : un peu d’internet en ville, recharger les batteries de nos appareils et faire les courses.
Connexion impossible, électricité coupée depuis plus d’une semaine… Bienvenue au Mali !

Falaises de BandiagaraRetour à la douane le ventre plein, quelques formalités et c’est parti direction Kayes. On va longer les superbes falaises de Tambaoura longues de 200 km par une piste pour arriver là-bas trois jours plus tard, non sans avoir au passage mangé deux bons kilos de poussière chacun.

Heureusement, c’en est fini de la piste et une route goudronnée nous attend pour la suite du voyage. Une bonne nuit, un petit nettoyage des vélos et c’est reparti.

« Mais où est la route de Kita ? » « Là, devant vous. » « Quoi cette piste à peine visible où les pierres et les trous sont plus nombreux que les morceaux roulables ? » « C’est ça. »

BikeWorldTour, Mali (2)Bon, ben c’est reparti, et ça ne va pas arranger les affaires de la roue arrière de Julos qui montre d’inquiétantes fissures depuis quelques jours… On décide donc de négocier l’achat d’une roue de secours, et le vrai VTT peut commencer : 140 km de chemins défoncés, de pierriers et de passages à gué pour nous mener aux chutes de Gouina, sans doute un des sites naturels les plus beaux et les plus préservés du Mali (pas étonnant vu la route qui y mène).

En deux jours, nous atteindrons ensuite Bafoulabé, où une promenade en pirogue nous amène auprès d’une famille d’hippos se baignant tranquillement. Nous rencontrons aussi un mégalomane en puissance qui rêve de transformer la région en super complexe touristique, et un couple de Français qui suivait en 4×4 depuis quelques jours “trois fous à vélo”.

BikeWorldTour, Mali (3)Fin d’après-midi, nous sommes repartis en direction de Kita. Toujours de la piste, mais cette fois elle va en s’améliorant. Nous croisons les doigts pour la roue de Jul qui semble avoir passé le pire…

Nouvelle nuit dans un village sympa et accueillant et en route pour le barrage de Manantali et ses eaux claires et chauffées par le soleil où on passera une bonne partie de l’après-midi sous les yeux un peu étonnés des pêcheurs et d’une famille de macaques qui nous narguent du haut des falaises environnantes en grimpant allègrement du 7a+. Le temps d’acheter un peu de poisson tout frais, de rouler 20 km (dont une bonne côte comme on en avait plus vu depuis le Maroc) et il est déjà temps de songer à se loger.

Ce soir, on passera une nuit reposante et calme autour du feu, loin de l’ambiance des villages… Une fois n’est pas coutume, ça fait un bien fou. Et de fait : le lendemain, la forme est olympique et nous parcourrons 130 km pour passer la nuit à Kita, à environ deux jours de notre objectif africain qu’est Bamako. La fin de la première partie de notre voyage approche à grands pas…
 


Fast-Food
envoyé par BikeWorldTour


Le jeu des crevaisons

14 11 2008

Avant toute chose, la séquence radio d’hier.

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La Première - Cocktail Curieux - jeudi 13 novembre 2008

Et une vidéo interactive, à regarder jusqu’au bout pour les règles.


Le jeu des crevaisons
envoyé par BikeWorldTour

Le gagnant sera celui ou celle qui trouvera les 3 bons chiffres, ou qui aura le plus de chiffres exacts, ou sera le plus proche du total si pas de bonne réponse. En cas d’ex-æquo, un jury malien procédera à un tirage au sort.
Un joli souvenir de Bamako au vainqueur !



Gare aux lions

11 11 2008

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La Première - Cocktail Curieux - jeudi 6 novembre 2008

BikeWorldTour, Sénégal (2)Nous arrivons maintenant sur la fin de notre traversée du Sénégal et il est grand temps pour nous de vous raconter nos deux semaines dans ce superbe pays.

Nous vous avions laissés à l’entrée du pays à Saint-Louis où nous avons passé trois jours bien requinquants à l’européenne : vrais lits, bière locale (mmmh le seul format de cette « Gazelle » fait 65 cl), soirée concert de l’excellent Disiz La Peste (rappeur franco-sénégalais) en super forme ce soir-là, steak hyper tendre sauce roquefort préparé par notre hôte Vincent, soirée disco dans un bar sur l’île du centre ville, visite au musée d’histoire du Sénégal (hum hum, vraiment historique le musée… non dépoussiéré depuis 1984), etc. Bref après trois jours, difficile de se remettre en selle mais bien reboostés pour attaquer la brousse… la vraie !

Nous voilà donc effectivement lancés sur le « goudron » sénégalais… Oui je dis bien goudron, c’est le terme employé depuis la Mauritanie et ce n’est en effet pas toujours le mot « route » qui serait d’application pour ces gruyères de bitume mélangés à de la poussière.
Nous avons trouvé pendant notre traversée probablement la plus monstrueuse route du monde… C’est un tronçon de 150 km sur la nationale qui relie Dakar à Bamako. On nous en avait parlé depuis plus de 200km mais nous ne pouvions imaginer une telle « route de l’enfer » : nids de poule pouvant facilement accueillir une famille d’autruches, parties de route totalement détruites et tellement pierrées que difficile à tenir le guidon et sacoches qui volent, camions géants des années 60 qui nous frôlent dans un nuage de poussière toutes les deux minutes et nous obligent à rouler dans le sable du bord de route, etc.
Ouf nous arrivons à Tambacounda sains et saufs, où nous apprenons que la route venait d’être refaite, en 2004… à leur manière !

BikeWorldTour, Sénégal (1)Les villages que nous rencontrons depuis notre arrivée au Sénégal sont super typiques et charmants. De la hutte 100% paille à la case super luxe « comme dans Les Bronzés », nous trouvons chaque jour accueil parmi ces familles qu’ils soient d’ethnie Wolofs, Peuls ou Malinkés. Certains parlent français et les soirées se prolongent jusque tard pour échanger nos histoires et cultures, certains ont une ribambelle de gosses surexcités et on se met en mode baby-sitter des heures durant, certains nous voient arriver morts après une trop longue journée de vélo sous leur soleil de plomb et nous observent paisiblement nous endormir après un bon plat de couscous de mil à la sauce de cacahuètes… Mais dans tous les cas c’est avec un échange de sourires et de remerciements que nous quittons ces villages après s’être faits réveillés avant le lever du soleil par une chèvre broutant notre tente ou un coq un peu déréglé.

Entre les villages nous traversons de superbes paysages qui gagnent en exotisme au fur et à mesure des kilomètres. Ce dimanche nous avons traversé le parc National du Niokolo Koba, une journée qui vaut la peine d’être un peu détaillée.

BikeWorldTour, Sénégal (3)Déjà la veille nous avions fait le plein d’infos concernant la traversée de ce parc et les manières de profiter un max de la faune et la flore qu’il abrite. Le premier guide (Amahdou, retenez son nom, il revient plus tard), nous explique clairement qu’il est formellement interdit de traverser le parc à vélo… trop dangereux en raison des lions qui l’habitent (et qui aiment se réchauffer sur le bitume) et risque d’amende énorme si on se fait prendre. Amahdou nous propose alors de traverser le parc pour une centaine d’euros, ce qui ne nous arrange que moyennement, donc nous allons voir plus loin.
Un second guide nous dit qu’on peut tenter la traversée à vélo : « J’en ai déjà vu une fois qui sont passés ».
Des gendarmes nous autorisent la route en nous disant de faire attention alors que les cuistots du resto voisin rigolent en disant « ah, voilà le repas des lions ».

Le jour J

7h49 : L’entrée même du parc et son poste de garde. Un gardien nous salue et nous propose de remplir nos bouteilles d’eau. On lui demande si on peut passer à vélo… : « Si on vous demande, vous ne m’avez pas vu, je ne vous ai pas vu. »

7h58 : On s’élance.

8h18 : Toujours la savane, rien de bien excitant. On roule à du 10 km/h et on scrute dans toutes les directions en espérant voir un animal étrange… la tension est à son comble.

8h52 : « Là, ça bouge dans les fourrés » dit Julien. Une famille de phacochères qui s’enfuit à travers le sous-bois. Waw, impressionnants ces gros sangliers version Pumba.

9h28 : Nous continuons à progresser en formation « Buddy Longway » : vent de face pour ne pas se faire repérer des animaux par notre odeur (oui, ils n’avaient pas de douche au dernier village).

10h35 : Une cinquantaine de babouins au milieu de la route. Ils s’écartent, poussent des cris dans les arbres pour nous faire partir. Notre morceau de pain ne les intéresse pas… continuons !

10h50 : Un marabout, ce superbe oiseau géant au bec rouge.

11h30 : Arrivée au poste de garde en plein milieu du parc. On n’a rien à faire là, on s’fait engueuler, on s’explique (« Personne ne nous avait prévenu ! » disons-nous en cœur), ça a l’air de s’arranger… et puis… une voiture s’arrête, c’est Amahdou ! Il explique en gueulant aux gardes qu’il nous avait prévenu et l’ambiance tourne quelque peu à notre désavantage.

13h20 : Nous sommes au resto avec Ahmadou… à la sortie du parc après 45 minutes de discussions et 50 km sur le toit de son pick-up.

14h00 : Rencontre avec Ibrahim, il est intéressé par notre aventure et on fait vite ami-ami. On lui dit qu’on va voir les hippopotames le long du fleuve Gambie et il s’empresse d’aller chercher son vélo pour nous accompagner.

17h21 : Après un bonne sièste et une jolie ballade le long du fleuve, nous les voyons ! Impressionnant la bêbête !

18h12 : On a tout vu sauf les lions… On décide de trouver un endroit pour laisser les bikes et faire un aller-retour en auto-stop dans le parc à la tombée de la nuit (le moment idéal pour croiser le Roi).

BikeWorldTour, Sénégal (4)18h17 : Rencontre avec Amédé, gardien d’un campement encore fermé (hors-saison) qui nous propose d’y loger… et d’emprunter la Lada Niva du patron pour aller voir les lions ! 10 litres dans le réservoir, un peu de pression dans les pneus et nous voilà au milieu du parc… sur la réserve d’essence. Oups, demi-tour ! Bredouille. Grrrrrr on en verra au Mali.

21h54 : Amédé et Ibrahim nous proposent d’aller voir le mariage d’un de leurs amis. Ambiance de feu, danse africaine, youkoulélé de tam-tam pour les toubab (blanc européen) qui se déhanchent pas mal selon eux et thé autour du feu.

23h48 : Crevés, on rentre au campement.

23h59 : On dépose Brahim à sa maison.
Brahim tu descends pas ?
Quoi, tu veux ton salaire ?
Ah ton salaire pour nous avoir accompagné toute la journée/soirée !
Merde… on n’a apparemment affaire à un rigolo qui veut nous arnaquer.

00h25 : Brahim demande toujours plein d’argent de plus en plus violemment.

00h29 : On en vient aux mains.

00h36 : On doit aller s’expliquer avec sa famille… Il a une batte et une brique dans chacune de ses mains.

00h42 : On remballe les affaires, on fait semblant de le suivre et on s’enfuit à fond par la route.

1h49 : On a assez fuit… on se pose. On dort avec un chercheur d’or dans un village à 25 km de Brahim.

2h02 : Une moto passe très lentement… il ne nous a pas vu à cause des herbes… on déplace les tentes encore un peu plus loin pour être sûrs.

7h00 : On a bien dormi, le soleil est là, les oiseaux chantent, le paysage est superbe. On reprend la route l’esprit tranquille vers le Mali.

11h48 : On écrit cet article tranquillement dans un cyber-café de Kedougou… Tout ça c’est derrière nous !

Dommage qu’une si belle journée se soit terminée de cette manière. C’est le premier personnage du genre que nous rencontrons au Sénégal… À ne pas généraliser donc ! Nous quitterons ce pays avec un superbe souvenir d’accueil magnifique, de paysages et de faune mémorables.

Deux ou trois jours de pistes et le Mali est à nous !

Plus de photos du Sénégal (15 photos)



Le 100 mètres tôle ondulée

7 11 2008

Le 100 mètres tôle ondulée
envoyé par BikeWorldTour
 


Une journée de merde

3 11 2008

Après presque deux mois de voyage, il en fallait bien une… et bien on l’a eue. C’était le 28 octobre à Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Récit de notre correspondant sur place, que nous reprenons à Atar.

“Une petite journée bonus dans les dunes de Chinguetti, petite ville du désert accessible par une piste de 80 km, à fond la caisse dans une Mercedes 190 (ce qui nous a valu d’exploser un amortisseur sur le retour), et nous réenfourchions nos trois bécanes pour avaler les 436 km de désert qui nous séparaient de Nouakchott et du retour à une abondance de sucreries et pâtisseries diverses.

Après une journée dans ce grand bordel qu’est la capitale, nous avons vite désenchanté et étions pressés de reprendre la route vers Rosso, poste frontière sur le fleuve Sénégal. Et c’est là que tout a dérapé…

Au tout début de la journée déjà, après un réveil avec le soleil sur le toit de la maison d’Abou, Julien se rend compte en faisant son sac qu’il a perdu (pour la seconde fois déjà) son carnet de note… Bon, il recommencera. En quittant nos “amis”, qui nous accueillaient depuis deux jours, on se rend compte qu’ils tiennent un compte exact de nos consommations. Pas de problème évidemment, ça nous fait même plaisir de pouvoir payer ce que l’on mange et partir ainsi l’esprit libre. Mais on se rend compte que le tarif qu’ils affichent pour soi-disant la maison leur rembourse largement un mois de loyer. Là ils exagèrent…

Explication, tension, prise de tête… Finalement on quitte l’endroit énervé et on fonce vers le centre pour
faire des provisions en vue des 200 derniers kilomètres de désert jusqu’à la frontière sénégalaise. Entre-temps, une connexion internet foireuse fait perdre à JF un long mail destiné à notre sponsor à
Bruxelles… La tension monte encore d’un cran.

Devant la boulangerie où nous faisons le plein de pain, un groupe de Mauritaniens de plus en plus important
se forme autour de nos trois vélos. Ça discute de tout et de rien, l’ambiance est sympa, jusqu’au moment où
l’on se rend compte que l’un d’entre eux en a profité pour plonger la main dans la poche de JF et de piquer le portefeuille… Meeeeerde… Plus trop d’argent dedans mais une carte Visa et des papiers d’identité ! Ça commence un peu à s’exciter… On propose 50 euros de récompense à celui qui ramènera le portefeuille, mais devant l’énormité de la tâche, on se décourage et on s’éloigne rapidement téléphoner en Belgique pour bloquer ladite carte.
Cinq minutes plus tard, un taxi déboule à notre hauteur et des gens en sortent en hurlant qu’ils ont retrouvé le voleur et qu’il faut venir avec eux. Ensuite tout s’est passé très vite : Julien part avec eux voir ça de
plus près, le portefeuille se retrouve entre-temps dans les mains de JF, la foule arrive de tous les côtés pour voir ce qui se passe, la police s’en mêle, c’est le bordel. Une grosse centaine de personne agitées autour des vélos… La police tente de les tenir à l’écart… Surveiller les sacoches… Se frayer un passage… Ils veulent de l’argent… Payer le taxi… la récompense… Malheureusement le portefeuille est vide et le voleur en a profité pour s’éclipser.

La police nous ouvre un chemin à coups de matraque et nous ordonne de filer le plus vite possible. On fonce sans se retourner, espérant lâcher les gens dans les embouteillages alentour… On sort de la ville… ouf.

Le second problème survient alors : plus un ouguiya dans le portefeuille et juste trois baguettes pour 200 km, sans le moindre bureau de change…

En faisant un rapide calcul, on décide de rationner les quelques vivres qu’il nous reste (une boîte de
Cerelac périmée qu’on a reçu, trois baguettes, trois bananes, 500 g de spaghett et une boîte de purée de tomate) et de se lancer pour les deux jours de vélo qui nous séparent de Rosso et de la frontière.

On quitte la ville vers 14h30, énervés et déçus. Pas un mot de toute la journée. Les paysages sont même pas beaux.

La galère continuera le lendemain au poste frontière avec des douaniers corrompus qui tentent de nous extorquer encore de l’argent. Le bac et la frontière sont sensés être gratuits pour les piétons et vélos…

On fait un scandale qui durera presque deux heures et on passe finalement gratuitement après moulte péripéties, trop longues à raconter ici.

Arrivée ensuite au Sénégal. Tout se passe beaucoup mieux, les paysages changent, les rizières du bord du fleuve laissent ensuite la place à de la savane jusqu’à la magnifique ville de Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique française où nous sommes accueillis depuis trois jours chez Vincent, un architecte coopérant belge avec qui nous avons retrouvé les bienfaits de la bière et de la vie nocturne…”

Saint-Louis, Sénégal