Le Salar de Uyuni

28 01 2009

Salar de Uyuni
envoyé par BikeWorldTour

Pour celle-ci aussi, nous vous conseillons le plein écran en haute qualité…



La Bolivie c’est par là

23 01 2009

Beaucoup de choses ici et à venir. Outre la séquence radio du jour, disponible ci-dessous, voyez les premières photos boliviennes, elles en valent le détour. Tout cela est détaillé dans le long article qui suit (il faut cliquer sur “Lire la suite” pour … lire la suite). Et aussi, la page “Itinéraire” a été quelque peu reliftée, petite surprise à la clé. Bonne visite !

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On s’était préparés pour l’enfer… on en a juste vu le vestibule.
C’était dur oui, mais moins qu’on l’imaginait. C’était beau oui, mais plus qu’on l’imaginait.
Maxi récit pour une maxi aventure. Cinq petits Belges à vélo dans le désert d’Atacama.

Bolivie – AAAAAAAAaah la queu-leu-leu
Bolivie – AAAAAAAAaah la queu-leu-leu

11 janvier. Grâce à Michel, le départ de San Pedro est assez atypique. Michel est Français, il est restaurateur à San Pedro et il fait les meilleures pizzas de la ville. Et Michel est joueur… Quand il a su qu’on se lançait à vélo vers la Bolivie, il a eu l’idée d’un pari. Et nous comme on adore ça, on est entrés dans son jeu.
Le défi : atteindre la frontière bolivienne depuis San Pedro en une seule journée de vélo. Seulement 50 km si on regarde la route depuis un satellite, mais 2300 m de dénivelé en plein soleil… Une route sans lacet qui attaque la montagne de plein fouet et qui est annoncée en deux jours dans notre Sacro-Saint roadbook.
La récompense : à 18 heures pile, buffet de pizzas et de boissons avec tables et chaises devant le poste frontière bolivien, une cabane perdue au milieu de rien annonçant l’entrée dans le Sud Lipez.
Selon nos calculs et notre goût pour les pizzas, le défi est relevable.

Une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner de champion et nous voilà partis.
Les premiers kilomètres se font sans souci : la pente est douce et nos compteurs kilométriques affichent une valeur à deux chiffres. Mais très vite, la montée prend une autre tournure, les panneaux où des camions escaladent des murs à 45% font leur apparition et les premiers bacs à sable d’urgence commencent à décorer les abords de la route. Notre vitesse perd une unité tous les cinq kilomètres et seules nos pensées inondées de margheritas et de quattro fromaggi nous maintiennent en selle.
Vers midi, rapide pause sous un soleil de plomb pour avaler un sandwich. Les heures défilent et ça devient de plus en plus juste pour les pizzas de Michel. À quelques centaines de mètres du sommet de la côte, les compteurs vacillent entre 4 et 5 km/h grâce à un petit vent de dos.

Chili – Degustation des pizzas de Michel au poste frontiere bolivien
Chili – Degustation des pizzas de Michel au poste frontiere bolivien

17h00, on passe le col… les jambes vides mais heureux d’avoir pris un jour d’avance sur le programme qui nous attend jusqu’à Uyuni.
Au moment où l’on s’arrête pour une pause sucre (voir lexique BWT) le long de la rambarde de sécurité, un gros 4×4 rouge fait son apparition. La benne remplie d’une table, de chaises et du vélo d’Anne-Laure qui s’est sacrifiée pour aider Michel aux fourneaux ne fait aucun doute… Il a tenu son pari aussi ! Quelques kilomètres en descente sur piste bien damée et nous sommes au poste frontière. Ambiance à 4500 mètres. Le soleil est déjà bien descendu. Le festin est partagé avec les douaniers qui n’y comprennent rien. On oublie les crampes et on savoure l’instant.
Les derniers kilomètres de la journée (et les premiers en Bolivie) se font sans souci, en descente, les cheveux au vent, des anchois dans les dents, de la mozarella et du sourire aux lèvres.

12 janvier. Nous nous réveillons à l’entrée de la réserve naturelle du Sud Lipez, au bord de la Laguna Blanca. Les propriétaires de l’auberge nous ont laissé monter nos tentes dans une chambre en construction. Le ciel est le même que sur les cartes postales. Michel et ses pizzas sont repartis pour le Chili. Nous voila seuls avec nos spaghett’-bouillons face à 450 km de pistes ensablées.
C’est parti !

Bolivie – Les cools sont dans la place...
Bolivie – Les cools sont dans la place…

6 km pour atteindre la lagune. Les premières jeeps touristiques font leur apparition au loin mais on se concentre sur la piste qui s’étale devant nous et qui remonte vers notre premier col de l’aventure.
Les informations que l’on avait reçues concernant l’état des pistes se révèlent justes : beaucoup de sable. Il faut souvent descendre de selle pour pousser. On rigolait devant les étapes à 20, 30 ou 40 km par jour… Là on fait beaucoup moins les malins. Le Sahara à côté, c’était une promenade de santé !

On passe le col à 4680 m. Nouveau record d’altitude pour l’équipe, le premier d’une longue série dans ce désert. Spaghett’ à l’abri d’un caillou un peu plus gros que les autres puis longue descente sableuse vers notre seconde lagune. On longe alors les Rochers de Dali, d’énormes blocs rocheux taillés par le vent et déposés on ne sait comment sur une immense dune de sable. Grandiose !

Bolivie – Le meme vers 5h00 du mat'
Bolivie – Le meme vers 5h00 du mat’

À force de pousser les vélos, on finit par atteindre la lagune et la magnifique surprise qu’elle nous réserve pour ce soir : une vasque d’eau à 40 degrés avec vue sur les montagnes. Ce sont les termes de Chalviris, endroit extrêmement prisé par les touristes 4×4 en journée, mais ce soir ils sont pour nous… et rien que pour nous !

Après deux bonnes heures de flottage devant le coucher du soleil, nous sortons de l’eau fripés comme des mamys et recevons l’autorisation de poser nos matelas entre les tables du restaurant flambant neuf de l’autre côté de la piste. Mauvaise nuit entre les vapeurs toxiques du plancher tout juste ciré et la lumière de la pleine lune qui inonde la salle panoramique.

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La traversée des Andes (2)

19 01 2009

En attendant des nouvelles des bikers toujours occupés à dompter le désert bolivien, voici la suite de l’article publié la semaine dernière, accompagné d’un nouvel album “Chili” sur notre page Picasa.

Chili – Descente vers la lagune (au bout on aperçoit la montée vers la douane chilienne)
Chili – Descente vers la lagune (au bout on aperçoit la montée vers la douane chilienne)

6 janvier. Le vent est retombé. Il est même légèrement en notre faveur et le ciel est presque sans nuages. 11 kilomètres et 200 mètres de dénivelés pour atteindre la frontière chilienne. Malheureusement la piste continue à monter après le portique « Bienvenidos a Chile »… et ça ce n’était pas prévu sur la carte. Un premier col à 4300 m, puis un second à 4450 m… La moyenne journalière plonge sous les 10 km/h, mais ce n’est plus vraiment un problème. Les paysages sont fabuleux.
On redescend vers une magnifique lagune azure d’où l’on peut apercevoir une montée infernale qui s’étend sur le versant en face. Séverine pense d’abord que c’est une remontée mécanique mais le poste frontière chilien posé en plein milieu nous ramène à la réalité : on doit passer par là.

Un contrôle sanitaire assez strict nous oblige à manger notre stock de fromage, d’oignons et d’ail devant les douaniers. Les prochains repas vont être bien tristes…
Et c’est parti. On remonte la piste de ski… en vélo. Nico disparaît à nouveau devant, Tic et Tac les hamsters derrière, et je recommence ma course avec Séverine qui pousse son vélo.
Nondidju c’est dur… Remonter en selle… faire un pause… bien respirer… se donner des objectifs… 20 mètres… 10 mètres… aller jusqu’au panneau… jusqu’à la grosse pierre… et les chiffres s’envolent sur l’altimètre. Quelques centaines de mètres avant le col à 4600 m, Anne-Laure me dépasse en trombe, le vélo confortablement installé à l’arrière du pick-up des douaniers chiliens.
Après une réunion de crise au sommet du col, on décide de tenter notre chance dans une mine chilienne que l’on peut apercevoir quelques kilomètres plus bas, et dont on nous a vanté l’hospitalité toute la journée. Et quelle bonne idée ! La trentaine de mineurs coincé à 4500 m accueillent Anne-Laure et Séverine (et nous aussi du coup !) les bras ouverts. Douche chaude, trois containers métalliques en guise de chambres, repas gargantuesque, et on pousse même le vice jusqu’à squatter leur connexion satellite pour envoyer photos et article (« BikeWorldTour New Look 2009 ») à notre webmaster préféré.
La nuit à cette altitude n’est pas de tout repos et le réveil à 6h30 est des plus difficiles…

Chili – La bande des cools
Chili – La bande des cools

7 janvier. On se lève avant le soleil. Petit déjeuner hyper-protéiné avec nos amis les mineurs : on dévore sandwiches au poulet, fromage et pain chaud devant leurs yeux ébahis. Quand on prend le départ, le soleil a déjà fait son apparition. Les lumières sont splendides. La température est toujours sous les zéro degrés et nous permet pour la première fois depuis Bruxelles de mettre nos sur-moufles en Gore-Tex… trop gai !
Et là c’est parti pour la plus belle journée depuis qu’on est arrivés en Amérique du Sud. On a plus de 2000 m de dénivelé à perdre en deux jours, on ne va pas se priver !
La piste descend en slalomant entre les volcans enneigés et les lagunes pleines de flamands roses. Pas un nuage à l’horizon, le moral est au zénith… Oubliés les pistes de ski à l’envers et le vent de face. Séances photos et vidéos le long du chemin. On s’éclate !
L’estomac calé par le petit déjeuner des mineurs, nous bouclons 60 km de pistes avant que la faim ne nous oblige nous arrêter. Même en altitude, la Charte est respectée. Pâtes au bouillon à l’abri du vent et on repart, crinière blonde au vent…
Quand la fin de la journée approche, on est en vue du Salar d’Atacama. Nous sommes de l’autre côté des Andes. Le vent de face se lève comme prévu vers 17h mais cette fois on a prévu le coup. Plus que 15 km de descente et nous atterrissons à Socaire où nous passons la soirée. Ani, notre hôte d’un soir, nous propose un match de volley nous opposant à nos premiers amis chiliens. La défaite n’est pas sévère, on s’est bien défendus et nous nous endormons comme des masses à 3300 mètres d’altitude.

Chili – En voiture pour San Pedro!
Chili – En voiture pour San Pedro!

8 janvier. Lever tôt. Le soleil monte doucement sur l’immense Salar, 1000 mètres plus bas. Dernier petit déjeuner Cérélac et on fonce. Au programme ce matin : 51km, en majorité en descente pour aller attraper l’appel de la RTBF à 11h30 (15h30 heure belge) au village de Toconao.
Après deux jours au Chili, on n’a pas encore pu trouver le moindre bureau de change au milieu des volcans… Frustration totale devant la petite épicerie du village où nous retrouvons Alfonsa pour cinq minutes de direct sur La Première.
1000 pesos échangés à un mineur nous permettent quand même, après conciliabule, d’acheter une boite de petits pois pour égayer les spaghettis du midi.
Les 40 km à travers le Salar d’Atacama sont des plus monotones. C’est tout droit, c’est tout plat ! À l’arrière du peloton, on en profite pour essayer toutes sortes d’acrobaties à vélo : debout, assis, sans les mains, sans les dents, …
L’arrivée à San Pedro nous plonge dans un autre monde : nous voilà dans le quartier général du tourisme de masse pour toute la région Nord Chili / Sud Bolivie. Ça parle anglais et néerlandais à tous les coins de rue, restaurants chics et budgets astronomiques. Le type d’endroit où même notre « plan Star » auprès des autorités communales ou de la police a peu de chance d’aboutir à un logement gratuit.
Le charme d’Anne-Laure nous aide alors à trouver refuge dans le micro jardin de Fernando, un magnifique petit oasis de paix où vivent deux Chiliens et deux Français. Fernando travaille le cuir, Santiago « Indiana Jones » vend à contre-cœur des tours à des touristes et Clément et Laurentine, deux jeunes Français arrivés il y a un mois, vendent des macramés et des bijoux dans le centre ville.
Soirée bien arrosée en compagnie de toute la joyeuse bande où nous dévalisons deux restaurants de suite. Il pleut deux jours par an à San Pedro mais comme on est en plein dans la saison des pluies, nous ne prenons pas de risques et montons nos trois petites tentes l’une sur l’autre à l’arrière de la maison.

Chili – Préparation minutieuse du trajet jusqu'Uyuni
Chili – Préparation minutieuse du trajet jusqu’Uyuni

9 janvier. Grasse matinée jusque 10h. La fin de matinée est consacrée à la préparation de la suite du voyage. Nous voilà tout les cinq assis autour de la grande table, et, à l’aide de nos cartes, de plusieurs croquis et d’un roadbook réalisé par deux Américains il y a six ans, nous étudions kilomètre par kilomètre la faisabilité du trajet San Pedro - Uyuni en vélo.
Le topo : près de 15 jours dans le désert pour boucler 450 kilomètres entre 4000 et 5000 mètres d’altitude. Des pistes pleines de sable pour pousser le vélo. Des étapes de 20, 30 ou 40 kilomètres par jour. Quelques points de ravitaillement en eau. Des paysages lunaires avec des volcans, des geysers, des lagunes, et comme récompense finale, la traversée du Salar d’Uyuni, un énorme désert de sel blanc de 15000 km²… la Mecque sud-américaine des voyageurs à vélo.
Cet après-midi, nous allons faire le tour des agences de voyage de la ville pour négocier des déposes de pâtes et Cerelac le long de notre trajet et vérifier nos informations pour les points d’eau potable.
Un dernier check-up des vélos, un gros gros mais alors gros restaurant et nous nous lancerons pour ces deux semaines d’aventures…

À bientôt les amis…



Le BikeWorldTour croise le Dakar

15 01 2009

Bike DAKAR 2009
envoyé par BikeWorldTour

À regarder en haute qualité (cliquer sur “HQ”) et en plein écran (le pictogramme à gauche).

Du son, aussi : en l’absence de moyens de télécommunication, voici l’interview de Nicolas par Julien :

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Du neuf, enfin, en page MÉDIAS (nouvel article de presse) et sur la galerie photo Picasa : les clichés argentins sont légendés !

Ah et au fait : le cap des 10000 kilomètres est franchi, et on en est à notre dixième pays, la Bolivie… Ça vaut bien un petit boost du compteur des dons, non ?



La traversée des Andes (1)

14 01 2009

C’était dur… c’était beau… une semaine pour traverser la Cordillère des Andes depuis Salta en Argentine jusque San Pedro de Atacama au Chili.
Retour en arrière et en détails sur cette magnifique mais ô combien éprouvante semaine en altitude…

Argentine – Les noir-jaune-rouge sous la pluie
Argentine – Les noir-jaune-rouge sous la pluie

2 janvier. Départ de Salta : 160 km de côte et près de 3000 m de dénivellation positive sont annoncés jusqu’au col. Il pleut légèrement, ça commence avec une piste en terre… ouaiiiiiis !
Après 20 km, on retrouve avec beaucoup de bonheur un magnifique macadam qui continue de monter toujours et encore. Le paysage commence à changer, les arbres se font de plus en plus rares et laissent lentement la place à une végétation plus aride. Ciel toujours couvert, léger vent dans le dos… on continue à monter.
La fin de journée approchant, nous atteignons le petit village de Manuel Sola, à 2560 m d’altitude. La nuit dans la salle commune nous permet pour la première fois d’apprécier nos gros duvets qui encombraient nos sacoches dans la chaleur de la pampa.
Le vent souffle dehors et nous passons la soirée entassés autour de la vieille cuisinière à bois qu’on a réussi à rallumer pour l’occasion.

3 janvier. Il fait tout bleu. Le gros temps a dû passer pendant la nuit. On remonte en selle, petit plateau, et on mouline. Après 20 km, on passe la barre des 3000 m, et ça monte encore. On pique-nique sur le bord de la route au pied du col. On a alors parcouru 42 km.
Fin d’après-midi, on atteint enfin le col de Abra Blanca à 4080 m. 60 km au compteur depuis ce matin. Le vent souffle mais on ne s’en soucie plus trop : devant, ça descend !
28 km euphoriques jusque San Antonio de Los Cobres, dont 22 de piste. Les paysages ont changé… c’est grandiose. Un étonnant mélange entre la Patagonie et la Mongolie. La lumière de fin de journée et les gros nuages menaçants qui arrivent par l’est donnent une ambiance magique à la descente.

Argentine – On longe le "train des nuages" sous la pluie
Argentine – On longe le "train des nuages" sous la pluie

Pendant le souper, nous déplions les cartes et votons pour la suite de l’itinéraire. Trois choix sont proposés aux participants :
- Routa 40 : 110 km de piste + 340 km de route, 1 village, ne passe pas par le viaduc.
- Tout droit on s’en fout : 260 km de piste + 90 km de route, autonomie quasi complète sur la piste, passe par le viaduc
- Sale piste : 140 km de piste (dont 70 horribles) + 230 de route, 1 magasin cher, viaduc
C’est finalement l’option 2 qui est choisie… finie la rigolade.
Nuit dans un vieux hangar à 3700 mètres d’altitude au bord des rails de chemin de fer. Il pleut toute la nuit.

4 janvier. Youhou, il fait tout bleu ! “C’est thermique”, nous diront des Suisses rencontrés plus tard sur la route.
Matinée consacrée aux préparatifs : 3 kg de pâtes, Cérélac, cubes de bouillon et réserve d’essence pour le réchaud… ça sent le départ en vacances.
On va mettre en pratique le menu idéal concocté par les garçons en Afrique : Cérélac le matin, spaghettis au bouillon midi et soir.
On s’élance vers midi. Il fait déjà chaud et ça monte costaud jusqu’au viaduc de Polvorilla puis jusqu’au col de Chorrillo qui culmine à 4560 m. On longe jusque-là les rails du Train des nuages » qui relie l’Argentine au Chili en traversant la Cordillère des Andes.
4560 mètres en vélo, ça fait haut. Pour combattre les effets de l’altitude, Patrick Sébastien et Axelle Red (JF & AL) ont décidé de tester la méthode locale : une boule de feuille de coca calée entre les gencives et la joue pendant les heures les plus dures. Un hamster roux et un hamster blond en vélo. Denis Rodman (Julien) tente le tour du monde propre…
La descente fait du bien. Comme  la qualité de la piste ne nous permet pas des vitesses extrêmes, la tombée de la nuit nous oblige à dormir dans une ruine quelques kilomètres après le col. On est encore à près de 4300 m d’altitude… la nuit sera rude.
On monte les tentes à l’intérieur, rapide spaghet-bouillon et on s’écroule…

Argentine – Le Salar de Rincon....avant qu'on descende dessus...
Argentine – Le Salar de Rincon….avant qu’on descende dessus…

5 janvier. Ciel bleu azur mais température proche de zéro degré. On découvre par chance que le ruisseau qui longe le bâtiment est alimenté une centaine de mètres plus haut par une source d’eau bouillante. Une chance pour la vaisselle, et l’occasion de se laver rapidement.
20 km de descente jusqu’au village de Olacapato. Une micro-épicerie pour acheter du pain sec et un château d’eau du type « western » pour remplir nos réserves d’eau.
Début d’après midi, on a presque 50 km dans les jambes lorsqu’on aborde le Salar del Rincón,  une énorme étendue de sel comme on en rencontre beaucoup sur l’Altiplano.
Le temps est toujours splendide. Le poste frontière est annoncé dans une petite trentaine de kilomètres. Tout va bien, on est dans les temps. On pourra même peut-être pousser jusqu’au col de Sico, situé dix kilomètres plus loin et annonçant la descente vers le Chili.
La piste se dégrade rapidement. La tôle ondulée et le sable font rapidement descendre notre moyenne kilométrique aux alentours des 10 km/h, suivant le Salar à flanc de montagne. Ça monte, ça descend, c’est dur mais les paysages grandioses nous font oublier ces détails…
Et puis tout d’un coup la piste descend sur le Salar pour une traversée Ouest-Est qui s’annonce magnifique. Nos compteurs nous annoncent le poste frontière à 20 km, c’est-à-dire à vue d’oeil de l’autre côté de l’immense étendue qui s’ouvre devant nous…
Ensuite, c’est le drame… Le Salar est balayé par un vent violent dont la direction est malheureusement presque opposée à la nôtre… un vent de trois-quart face quoi, et pas un vent pour rire, un du genre qui nous fait dévier latéralement de deux bons mètres à chaque rafale…
Après deux heures de bataille, on a avancé de 13 km. On est au milieu de nulle part. Nico est parti comme une balle devant, Anne-Laure et JF sont devenus deux mini points derrière à l’horizon et Séverine qui pousse son vélo semble avancer à la même vitesse que moi…
La difficulté consiste alors à trouver la partie de la piste qui avance le mieux. On passe pour ça d’un bord à l’autre sans arrêt puisque c’est toujours de l’autre côté que ça semble rouler mieux. Nico nous a pré-mâché une partie du travail : il suffit souvent de suivre sa trace de pneu pour trouver le bon passage.

Argentine – Reunion de crise
Argentine – Reunion de crise

Quelques centaines de mètres plus loin, grosse hypoglycémie… Les symptômes classiques : froid, faim et les jambes vides. Le vélo ne tient plus sur sa béquille. Vite mettre des couches supplémentaires, gants, bonnet, et avaler assis par terre mon nougat d’urgence avec un peu de pain sec. Ça repart. Conseil de guerre quelques kilomètres plus loin avec tous les membres de l’équipe à bout de force. On se rend vite compte qu’on n’a pas vraiment le choix : impossible de monter les tentes avec ce vent et impossible de faire marche arrière. On prie pour que ce poste frontière soit accueillant et qu’il soit bien au bout des quatre derniers kilomètres annoncés par nos compteurs. On se relance dans un sprint final contre les rafales qui grossissent de minutes en minutes…
Le coucher de soleil est magnifique mais personne ne s’en rend compte. Les regards sont rivés sur les chiffres qui défilent trop doucement sur nos petits écrans.
Et puis au-dessus de la dernière bute, on l’aperçoit enfin : un grand hangar blanc et quelques petits bâtiments au pied des montagnes qui bordent le Salar. Les derniers kilomètres sont durs. Les bâtiments semblent s’éloigner de minute en minute et la tôle ondulée prend soudainement de l’amplitude.
Il nous aura fallu plus de trois heures pour boucler les 18 derniers kilomètres… superbe moyenne !

Finalement, l’accueil des douaniers est royal : on dort au chaud en écoutant le vent qui hurle dehors, une petite cuisine, une salle pour dormir, une douche froide pour les motivés… et même une table de ping-pong dans cette station lunaire qui vit en totale autarcie au milieu du désert.

[à suivre]

Argentine – La frontiere avant qu'elle ne s'ecroule...
Argentine – La frontiere avant qu’elle ne s’ecroule…
Argentine – Anne Laure prete pour une nouvelle journee sur la tôle ondulee
Argentine – Anne Laure prete pour une nouvelle journee sur la tôle ondulee
Argentine – La douane, station lunaire posee sur le Salar
Argentine – La douane, station lunaire posee sur le Salar
Argentine – Nuit au poste de douane
Argentine – Nuit au poste de douane

9 nouvelles photos d’Argentine



Chili, 9e pays

12 01 2009

BikeWorldTour, Chili (1)

En attendant un long récit rapportant la traversée de la Cordillère des Andes, voici la séquence “Cocktail Curieux” de jeudi dernier.

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Pendant ce temps, les bikers sont partis à l’assaut de 450 km de désert entre San Pedro de Atacama (Chili) et Uyuni (Bolivie), un périple de quinze jours à 4000, 5000 mètres d’altitude !



BikeWorldTour New Look 2009

7 01 2009

BikeWorldTour, Argentine (23)

Première partie rédigée à San Antonio de Los Cobres, samedi 3 janvier

Après un réveillon de Nouvel An à la hauteur de nos espérances de par son ambiance et ses feux d’artifice, nous avons repris les vélos en direction de l’ouest vers le Chili. Dès le départ, nous savons ce qui nous attend : 2900 mètres de dénivelés sur 170 kilomètres à avaler en deux jours de selle. C’est non sans émotions que nous quittons Salta, cette belle ville à 1200 mètres d’altitude au pied de la Cordillère où la famille de Ramòn (et sa « casa ciclistas ») nous a chaleureusement accueillis pour terminer en beauté et en famille l’année 2008. Après des adieux au pas de la porte, nous démarrons notre ascension par un long faux plat sous un ciel de plus en plus menaçant.

BikeWorldTour, Argentine (24)Le premier arrêt pour la pause de midi est déjà très apprécié car le temps n’est décidément pas avec nous et la soupe dans le bar de Campo Quijano à l’abri des gouttes nous requinque pour attaquer la partie sérieuse. À la sortie du village, un policier nous préviens : « Faites attention aux premiers kilomètres, c’est de la piste et il y a de nombreuses chutes de pierres ». Nous sommes prévenus et nous mettons les casques sur les précieuses têtes de nos chicas préférées. La montée se fait non sans peine dans ces graviers et cette terre humide mais après une vingtaine de kilomètres, la piste se transforme en route bien asphaltée. Nous réussissons à atteindre près de la moitié du dénivelé à réaliser et nous arrêtons dans la salle communale du petit village de Gobernador Manuel Sola. Une cuisinière au feu de bois et une ambiance bien rustique nous permettent de passer une agréable soirée et de bien nous reposer pour la grosse journée du lendemain.

BikeWorldTour, Argentine (25)Cette deuxième journée qui commence sous un soleil radieux et un agréable vent de dos s’annonce la plus physique depuis Buenos Aires. C’est en effet notre premier col à plus de 4000 mètres et près de six heures sont nécessaires pour atteindre le sommet.  Une bonne nuit dans un hangar à l’abri du vent et nous quitterons San Antonio de Los Cobres (3700 m) en direction du Chili. Ce sont plus de 260 kilomètres de pistes montagneuses et un passage à 4500 mètres qui nous attendent ces prochains jours. La grande aventure des Andes en autonomie commence ! Le menu des cinq prochains jours : spaghetti, spaghetti et spaghetti.
 

Deuxième partie, deux jours plus tard…

BikeWorldTour, Argentine (26)La première journée de cette épopée sur piste commence par un petit détour pour admirer le viaduc de Polvorilla (4200 m). Cette superbe construction du début du 20e siècle sert au « Tren a las Nubes » (Train des nuages), cette voie ferrée qui relie l’Argentine au Chili avec des points de passage à plus de 4500 mètres. Le détour vallonné en valait la peine et nous continuons notre chemin en suivant de près ou de loin ces rails des montagnes. Nous atteignons notre plus haut col argentin à 4560 mètres. Les premiers effets de l’altitude se font sentir : essoufflement, manque d’oxygène dans les muscles, accélération cardiaque et légère euphorie pour certains. La descente est des plus agréables et nous mène à la nuit tombante dans une petite bergerie abandonnée à 4300 mètres. Maux de tête et insomnies, au déjeuner nous sommes tous d’accord : nous ne sommes pas encore acclimatés à l’altitude des Andes. Malgré la fatigue, nous parvenons à apprécier ces paysages magnifiques sous un soleil de plus en plus présent. En route vers le Chili et San Pedro de Atacama pour vous raconter la suite de l’aventure.

BikeWorldTour, Argentine (27)
37 nouvelles photos d’Argentine



Les dix bonnes résolutions du BikeWorldTour

1 01 2009

BikeWorldTour, Argentine (18)

Nous avons toutes et tous des petites faiblesses, et ces quatre premiers mois, nous avons pu en relever quelques unes auxquelles il va falloir remédier. Dès lors, nous profitons de ce passage en 2009 pour vous faire part de nos résolutions de groupe… En espérant que cela améliore notre quotidien, notre alimentation, notre environnement olfactif ou notre ceinture abdominale.

⁃ Plus jamais sur un cactus tu ne rouleras
⁃ Le chocolat, en dehors de la Belgique tu oublieras
⁃ À Julos, de nager avec son appareil photo tu déconseilleras
⁃ 40 abdos tous les jours tu feras
⁃ À Nico, un interview en espagnol tu interdiras
⁃ Des lamas, plus jamais tu ne te moqueras
⁃ Si on te propose un match de foot, JF toujours au goal tu placeras
⁃ La confiture ouverte dans la sacoche, plus jamais tu ne laisseras
⁃ Dans un magasin de bonbons, jamais Anne-Laure tu n’abandonneras
⁃ Pour éviter les gaz, du yoghourt au Bifidus Actif à Séverine tu donneras

Bonne année à tous !

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