La Chine, clap 2e

31 03 2009

Lundi 23 mars. Après s’être enfuis de Lanzhou, ville la plus polluée de Chine, le plan est d’aller rejoindre la grande muraille qui doit nous guider dans les jours à venir. Facile nous dit la carte… sauf que nous sommes séparés de ladite muraille par près de 200 km de montagnes. Pas de quoi nous faire peur, on a connu pire, la route est belle et les paysages le deviennent aussi en s’éloignant de la ville; nous sommes au beau milieu de montagnes truffées d’anciens habitats troglodytes. Le soleil est avec nous et les kilomètres s’enchaînent tranquillement jusqu’à la pause de midi dans la petite ville de Gaolan où se forme un attroupement pour nous regarder manger. On explique qu’on est Belges et que l’on rentre chez nous en vélo. Ça en épatera plus d’un, qui nous conseilleront de faire le plein d’eau et de nourriture : il paraît que la Belgique, c’est loin…
Une bonne après-midi de montagnes russes et on passera la nuit dans un petit village de cinq maisons, écrasés par la fatigue et les quantités de couettes mises à notre disposition par nos hôtes.

Chine – Nico sur le trone mongol du tres beau film "酒后噶发撒卡几屗大撒瑁"
Chine – Nico sur le trone mongol du tres beau film "酒后噶发撒卡几屗大撒瑁"

Mardi 24 mars. On se lève tranquillement, un bon plat de riz et c’est parti, le rythme est bon ; on a envie de le retrouver, notre vieux mur de briques ! Une petite pause pour visiter le Hollywood local où tout a été reproduit, de la yourte à la caverne au trésor, pour le tournage d’un film sur les invasions mongoles, il y a quelques années, et nous voilà déjà en approche de notre objectif. Malheureusement, nous passons à côté sans même nous en apercevoir…
Eh oui, de la magnifique muraille de briques jonchée de mille tours de guet que nous cherchons du regard, il ne reste ici que quelques tas de terre érodés par les vents. JF, tu crois vraiment que c’est ça ? Non, elle est beaucoup plus grande, elle doit être plus loin…
Nous qui nous voyions déjà dormir dedans, c’est loupé.

Chine – Pan gros zoom dans les naseaux
Chine – Pan gros zoom dans les naseaux

Mercredi 25 mars. C’est décidé, cette fois on fera plus attention pour ne pas la rater, la muraille. C’est quand même elle qu’on est venus voir… Mais il faut bien se rendre à l’évidence, elle est là, sous nos yeux, mais il n’en reste pas grand chose. On se consolera en admirant les autochtones travailler la terre avec l’aide d’impressionnants chameaux velus. Pause midi dans un resto en face d’une école qui, en peu de temps, se vide de ses élèves bien plus soucieux d’aller voir trois étrangers manger que d’apprendre leur chinois… On les comprend! Arrivés en fin d’après-midi à Wuwei par de petites routes de campagne, on prend d’assaut une biscuiterie et on s’installe sur la place de la ville afin de calmer nos estomacs. Il ne faudra pas plus d’un quart d’heure pour que se forme un attroupement de 300 personnes (150 selon la police) pour nous saluer, nous prendre en photo ou tout simplement venir voir ce qu’il se passe. Nous sommes obligés de fuir dans un cyber-café afin de disperser les manifestants. Quand on en sort, ce sera pour trouver refuge dans une chambre de l’hôpital local. Dr House de rigueur!

Jeudi 26 mars. Après avoir rêvé d’épinéphrine, de ponction lombaire et de défibrillateur, c’est en bus que nous rejoindrons Zhangye afin de nous épargner des kilomètres monotones sur une nationale trop à l’étroit entre l’autoroute et la voie ferrée. Au programme de l’après-midi: visite du temple local et son fameux Boudha couché (une statue de 35 mètres de long), puis match de basket sur la grand-place (malheureusement, à Zhangye, il n’y a pas que les statues qui sont géantes… des bras télescopiques nous ont trop souvent empêché de marquer). Le temps de donner quelques nouvelles en Belgique via La Première et il est déjà bien tard.

Chine – Séance d'autographes pour ces dames...
Chine – Séance d’autographes pour ces dames…

Vendredi 27 mars. Une bonne nuit sous tente dans l’arrière-cour d’un immeuble et on se fait inviter à déjeuner par le patron d’un resto tout étonné de nous trouver là. Demander la direction à suivre en chine est loin d’être évident : un accent mal placé, prononcez un peu de travers le nom de la ville que vous cherchez et on vous enverra dans la direction opposée. Nous en avons fait les frais plusieurs fois et sans l’aide de la boussole, on tournerait sans doute encore en rond du côté de Lanzhou. On loupera d’ailleurs ce matin la petite route secondaire qui nous attirait tant… Qu’à cela ne tienne, on la récupérera 40 kilomètres plus loin. Cette fois-ci, plus d’erreur et le reste de la journée nous emmènera à travers champs, rizières et lacs dans un charmant village où sont alignées une bonne douzaine de maisons de poupée. C’est dans l’une d’elles que nous trouverons refuge pour la nuit. Et nous ne serons pas les seuls : la chambre que l’on nous a allouée verra ce soir-là défiler tout ce que le village compte comme femme de 7 à 77 ans. Elles sont aux petits soins avec nous. Elles nous nourrissent, nous offrent des fleurs et vont même jusqu’à nous faire le lit, non sans l’équiper de couvertures chauffantes. Inutile de préciser que la nuit fut excellente…

Chine – La Muraille, erodee par le temps, au milieu du desert de Gobi
Chine – La Muraille, erodee par le temps, au milieu du desert de Gobi

Samedi 28 mars. Au réveil, elles sont toutes là, à croire que tout le village a dormi dans la pièce voisine de la nôtre. On déjeune et on se met en route, toujours à travers ces plaines alternant champs et lacs, bordées de part et d’autre de magnifiques chaînes de montagnes. Sur les sommets de celles-ci, nous guettons la moindre tour, vestige de cette muraille qu’on suit inlassablement depuis quelques centaines de kilomètres. Tout à nos observations aériennes, nous ne remarquons que trop tard que le paysage change et à l’heure du dîner, nous voilà au beau milieu de cette étendue déserte appelée Gobi. Pas la peine de préciser que c’est râpé pour le stoemp-saucisse ce midi, on a juste quelques raisins secs avec nous et la première ville se trouve à plus de 40 km. Heureusement, il y a un dieu pour les distraits et c’est dans une usine de sel que nous dégusterons un bon bol de nouilles. C’est reparti tranquillement au milieu de l’immensité désertique interrompue de temps à autre par un vestige de tour de garde. Julien, distrait, nous gratifiera d’un superbe soleil réceptionné dans le sable en admirant un peu trop l’une d’elle. Soirée dans une briqueterie où les ouvriers nous prêtent une chambre rustique mais ô combien luxueuse au vu du poêle dont elle est équipée. Eh oui, elles sont fraîches les nuits du désert !

Chine – L'equipe dans la forteresse
Chine – L’equipe dans la forteresse

Dimanche 29 mars. Dur dur de sortir de notre chambre ce matin… Dehors, les bouteilles d’eau ont gelé ! Par contre il fait grand bleu et le ciel dégagé nous permet d’apercevoir au loin les montagnes formant la frontière tibétaine. On profite du spectacle avant que la brume ne se lève et voile totalement l’horizon.
Un déjeuner bien énergétique sur un petit marché et il nous reste 40 kilomètres de route pour Jiayuguan où se trouve un magnifique fort abritant autrefois les garnisons en charge de la surveillance de la fin de la muraille. C’est également ici que les caravanes de la route de la soie traversaient le mur, ce qui en faisait un point stratégique de première importance.
Le fort ne nous décevra pas, par contre, la muraille un peu trop rénovée façon « Euro Disney », on s’en serait bien passé… Finalement, elles avaient leur charme ces ruines…

C’est avec nostalgie que demain nous quitterons ces reliques du glorieux passé de la Chine pour aller pérégriner dans les montagnes de l’ouest en direction du Kirghizistan.

Chine – La Cite Interdite. Pekin
Chine – La Cite Interdite. Pekin
Chine – A l'approche de la neige
Chine – A l’approche de la neige
Chine – Mega-giga-belle descente type "Rallye de Monte Carlo"
Chine – Mega-giga-belle descente type "Rallye de Monte Carlo"
Chine –
Chine –
Chine –
Chine –
Chine –
Chine –

35 nouvelles photos chinoises



Les petits ascenseurs bleus

27 03 2009

La Première, Cocktail Curieux, hier :

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Chine profonde, route qui monte, il y a quelques jours :


À ce prix là, on pédale !
envoyé par BikeWorldTour


5 jours, 500 km

25 03 2009

JF nous raconte les premiers jours de vélo sur le sol asiatique.

Chine – Le long de la Muraille
Chine – Le long de la Muraille

Assez attendu sur nos deux pieds, il était temps de reprendre nos deux roues ! Ça faisait presque deux semaines que nous étions en Chine et autant de jours que nos mollets frétillaient d’impatience de retrouver des sensations de vélo… sur un nouveau continent !

Cette attente n’aura toutefois pas été de tout repos. Nous tenons à remercier ici Noureddine qui nous a hébergés à Shanghai pendant notre recalage horaire ainsi que Maylis et Clément qui nous ont accueillis à Pékin le temps des démarches administratives nécessaires pour la poursuite du voyage. Les corps ont souffert… Fêtes, nuits blanches, bonne bouffe et parfois même boissons à volonté : une cure de vélo en montagne s’imposait.

Dimanche 15 mars, départ de la Cité Interdite au cœur de Pékin. Nous l’avions visitée deux jours auparavant… grandiose ! C’est  dimanche, les rues sont bondées mais ça reste un plaisir de rouler entre ces énormes palais en écrasant quelques chinois (voir vidéo). Un gros axe avec piste cyclable qui trace plein ouest nous fait sortir de la ville après 30 km d’énormes buildings. Encore 10 km de banlieue industrielle et nous nous trouvons au pied du premier col qui nous fera émerger de la pollution pékinoise. C’est parti, nous sommes sur la G108, la route qui va nous balader pendant les 500 prochains kilomètres.
Les premières sensations sont bonnes, ça dérouille les jambes après pas mal de jours d’inactivité. C’est plus montagneux que ce que l’on pensait mais on aime ça !

Chine – Premiere nuit chez les chinois...sur un lit chauffe...
Chine – Premiere nuit chez les chinois…sur un lit chauffe…

Vers 18h30, la nuit tombe sur l’Empire du Milieu et nous sommes encore sur nos bécanes. Pas de souci, il y a plein de villages dans la région et moins de 10 km plus loin, nous trouvons une bourgade grise et peu accueillante mais qui nous conviendra pour cette nuit. Le plein de nouilles périmées à la supérette et nous cherchons un endroit plat pour placer la tente. Le terrain de basket fera l’affaire… ou pas ? Dans le noir, un petit monsieur nous surprend pour nous accoster, nous fait des grands signes et d’étranges mimes, puis nous invite à le suivre. C’est bien chez lui que nous allons, grand lit chinois chauffé par hypocauste, thé vert à volonté, film de guerre chinois et boulettes de riz fourrées… nous voilà bien surpris par ce premier accueil asiatique.

Une nuit de sommeil bien profond plus tard, nous sommes lundi 16 mars et nous élançons pour une grosse journée de vélo. Il fait froid ce matin, gants et bonnet sont vivement conseillés. La route serpente dans une vallée profonde et les véhicules se font de plus en plus rares. Le soleil monte et la route suit le mouvement… nous sommes en montagne, les cols vont s’enchaîner. Mais avant cela, petit arrêt administratif (rappelons que nous sommes partis de Pékin comme des hors-la-loi, sans nos passeports qui sont entre les mains de l’ambassade kirghize). On est en fin de matinée, on croise une voiture de police, ils nous regardent bizarrement, ralentissent, s’arrêtent 500 mètres derrière nous… et repartent. Ouf, fausse alerte.
Deux minutes plus tard, une autre patrouille s’arrête devant nous. Ils ont dû se passer le mot ! On échange de grands sourires et des « ni hao » (bonjour) et on leur explique en dansant sur notre tête que nous sommes belges et très gentils. Nous comprenons bien qu’ils nous demandent nos papiers, on n’y échappera pas. Je sors alors ma carte d’identité en espérant que ça suffira… on dirait que ça passe ! Nico sort la sienne sans puce, c’est toujours OK. Arrive le tour de Julien, mince, la carte d’identité est à Namur… heu comment leur expliquer ? … Heureusement nous avons la photocopie du passeport de Jul et monsieur le policier chinois s’en contentera. Cool, on reprend la route. On écrira à l’ambassade pour les informer que la carte d’identité belge est désormais valable pour les voyages en Chine.

Chine – Making of sur le tournage du clip
Chine – Making of sur le tournage du clip

En pleine montée, la vue se dégage, on quitte les fonds de vallée… et là, derrière nous au loin, un bruit de moteur qui nous est déjà familier : celui des tricycles bleus aux cylindres qui tournent au ralenti. Ils s’approchent lentement, ils vont à peine plus vite que nous, ils prennent peu de largeur sur la route et présentent une magnifique poignée en bout de benne… on s’accroche ! Et c’est parti, comme des bronzés au ski, on se laisse aller sur le remonte pente. Le sommet du téléphérique ? Un col à 1200 mètres avec de l’autre côté une descente aux zig-zags que nos pneus adorent, c’est le pied.
Nous arrivons au village-étape où nous trouverons très facilement un petit bout de jardin pour y planter la tente. Docteur House nous berce et nous envoie très aisément dans les bras de Morphée.

Mardi 17 mars, le soleil est toujours au rendez-vous. Ça y est, c’est le grand jour : nous nous dirigeons aujourd’hui vers la grande muraille. Une bonne cinquantaine de kilomètres pour y arriver et ensuite la longer toute l’après-midi.

Chine –
Chine –

Nous sommes impatients. Nous avons tous les trois le regard fixé vers les montagnes à l’horizon. Elle se fait attendre, elle doit être derrière cette colline, c’est pas possible, ils l’ont enterrée ? Et puis Julien, l’architecte, avec ses yeux de lynx, aperçoit sur fond de contre-jour les contours d’une tourelle… la voilà ! On s’approche, on demande dans les villages si la muraille est accessible. On nous annonce une heure et demi de marche entre les rochers et deux vallées profondes pour l’atteindre… Nous essaierons plus tard. Et, coup de bol, 5 km plus loin, une mini route s’engage vers le nord en direction de la muraille. On tente le coup, et ça passe : nous sommes au pied du géant. On grimpe vers le mur, deux trois pas d’escalade et nous voilà à nous balader sur la plus grande construction humaine jamais réalisée : plus de 6000 km de murs épais, des milliers de tours de garde, le tout construit en plus de 2000 ans entre le 5e siècle av. JC et le 16e de notre ère… incroyable.
Les paysages en valaient le détour. Pas un chat dans les parages, loin des foules entassées sur le mini tronçon touristique de Badaling au nord de Pékin… le moment est intense.
16h, il est temps de reprendre la route, la course pour aller récupérer les passeports est lancée. Cette nuit-là, nous la passerons à Laiyuan, dans le salon d’une famille chinoise super cool.

Nous sommes mercredi 18 mars, 6h40. Yangpang nous réveille en nous secouant l’épaule. Il a un grand sourire et mime assez drôlement qu’il est l’heure de manger. C’est difficile de garder les yeux ouverts… nous sommes encore fatigués. Mais l’appel des odeurs sublimes en provenance de la cuisine est très fort et en deux minutes nous sommes autour de la table avec la famille à déguster tofu, riz, sauce soja, crêpes, pain de riz et légumes en tout genre (dont de bien étranges en forme de larve), le tout avec une maîtrise parfaite des baguettes bien entendu.

Chine – Premier col chinois avec nos potes
Chine – Premier col chinois avec nos potes

Nous partons tôt, on a bien déjeuné et il fait bon, c’est un bon jour pour avaler un max de kilomètres. La chaleur se fait plus ressentir que les derniers jours. En plus de notre short qui fait déjà bien rire les Chinois, aujourd’hui nous passons au mode torse nu… On en étonne plus d’un, d’autant plus que l’on continue à les voir bêcher en plein soleil avec leur pull en laine et collant sous le pantalon… je sue rien qu’à les voir !
Pause de midi, comme d’hab, on fait notre menu en pointant du doigt les assiettes des clients, en  visitant les cuisines ou, comme Nico adore le faire, en choisissant des plats au hasard dans le menu lorsqu’il y en a un.
La fin de journée sera moins rose : après un col et sa descente magnifique sans une voiture et sur un macadam tout neuf, nous rejoignons ce que j’appellerais la « route du charbon ». Nous croisons dix camions par minute pendant que cinq autres nous dépassent, les uns sont chargés en minerais, les seconds, vides, nous balancent poussières et décibels dans les oreilles. Le décor est gris, le béton de la route est fissuré, troué ou détruit, ces camions sont dangereux… On mord sur notre chique pendant deux heures dans cet enfer.
Il est 18h, nous avons roulé 124 km et grimpé 1150 mètres de dénivelé : on s’arrête dans ce village-parking-à-camions. Le bivouac de cette nuit : un entrepôt de pneus… de camions évidemment.

Jeudi 19 mars, journée sans intérêt mais indispensable pour relier Daixan. 75 km de faux plat en descente sur une route à fort trafic et nous voilà dans la ville d’où nous allons faire notre aller-retour vers Pékin pour récupérer les passeports.

À Pékin, tout se passe comme prévu, la demande de visas a été acceptée et les passeports sont prêts. Une excellente soirée en compagnie de nos amis franco-pékinois et nous voilà dans le train nocturne de retour vers l’ouest. Nous profitons de cette liaison ferroviaire pour y rester quelques kilomètres de plus afin de combler une partie du retard accumulé ces dernières semaines et éviter cette zone de camions à charbon peu attirante.
Nous sommes du coup actuellement dans la province du Gansu. Partis de la grosse ville de Lanzhou, nous continuons notre progression vers le Xinjiang en suivant les derniers kilomètres de muraille vers les portes du désert de Gobi.

À bientôt pour les prochaines aventures !

PS: L’appareil photo ayant subi un relifting complet à Pékin, nous sommes de nouveau en mesure de vous proposer des photos du voyages

Chine – Descente vers la chaleur
Chine – Descente vers la chaleur
Chine – Nico sur le trone mongol du tres beau film "酒后噶发撒卡几屗大撒瑁"
Chine – Nico sur le trone mongol du tres beau film "酒后噶发撒卡几屗大撒瑁"
Chine –
Chine –
Chine –
Chine –
Chine –
Chine –
Chine – Ca patine...
Chine – Ca patine…



Riding Beijing

19 03 2009

Alors que nous avons pris d’assaut la Chine profonde, roulant plein ouest depuis cinq jour, voici la vidéo du départ officiel de cette troisième et dernière partie du BikeWorldTour, ainsi que la séquence Cocktail Curieux du jour.

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Riding Beijing
envoyé par BikeWorldTour


Et le vainqueur est …

18 03 2009

Des journées entières et plusieurs nuits blanches ont été nécessaires pour désigner un gagnant pour ce concours de l’été (l’été n’étant plus vraiment d’actualité vu qu’on se les gèle pas mal dans cet hémisphère nord).
Beaucoup de travail pour certains et une bonne dose d’originalité pour la plupart des photos reçues nous ont rendu la tâche très difficile.

Mais voilà, c’est finalement l’œuvre nic-nacesque de Yannick d’Otreppe qui se dégage du lot et qui se voit récompensée du couvre-chef en alpaga fraîchement tondu dans la pampa péruvienne (notre hôtesse prendra contact avec lui).

Retrouvez les dix photos du concours, elles valent le détour, ainsi que nos commentaires personnalisés en cliquant ici. Un tout grand merci aux artistes !
 



Ça bouillonne dans vos godasses ?

13 03 2009

La Bouillonnante, c’est un trail (jogging longue distance en terrain accidenté) de 25 ou 50 km qui se déroulera le 26 avril dans la région de Bouillon et des vallées boisées de la Semois.

Chaque année, les organisateurs de la course parrainent une association ou un projet à caractère social ou humanitaire. Pour cette édition 2009, ils ont décidé de verser 1€ par inscription à Médecins Sans Frontières via notre projet BikeWorldTour ! Cette action n’est pas un détail pour nous, vu que la limite des 1000 participants sera bientôt atteinte (déjà plus de 900 actuellement… dépêchez-vous !).

Si les petits sentiers pentus des Ardennes ne vous font pas peur et que vous voulez profiter des paysages magnifiques de la région, nous vous invitons à prendre part à cet événement unique en son genre… Jean-François et Nicolas n’en sont pas revenus déçus lors de leur participation.

Pour plus d’informations, faites un tour sur le site de La Bouillonnante.



Retour sur l’Amérique : bye bye Pérou !

11 03 2009

En attendant les premiers coups de pédale chinois, Séverine revient sur les derniers jours passés en Amérique du Sud… Un rêve qui s’achève pour les filles.

Revenus du Machu Picchu et de la vallée sacrée, nous reprenons notre route vers l’ouest du Pérou.

Pérou – Les enfants aussi ont leur arbre à couper pour le Carnaval!
Pérou – Les enfants aussi ont leur arbre à couper pour le Carnaval!

Dimanche 22 février, jour du Carnaval. Beaucoup de Péruviens nous ayant vanté les fêtes locales, nous sommes impatients de découvrir les festivités prévues. Mais c’est assez décevant : dans la plupart des villages, les paysans mangent et boivent ensemble tout en dansant autour d’un arbre qu’ils finiront par couper (?!). Nous n’échapperons pas aux jets d’eau et de mousse que nous lancent les enfants.

Lundi 23, nous continuons notre route en direction d’Abancay. Pour atteindre cette ville, nous devons franchir deux cols à 3900 m. Le premier n’est pas trop difficile car nous sommes déjà à 3300 m d’altitude. Passé ce col, nous nous engageons dans une longue et sinueuse descente qui nous ramène à 1800 m. Les paysages sont superbes, mais pas trop le temps de les admirer car les moustiques se déchaînent sur nous. Après 20 kilomètres de montée, nous estimons que le petit jeu du « je grimpe à 4000 m pour redescendre à 2000 m et puis remonter à 4000 m » a assez duré. Nous embarquons à l’arrière d’un camion pour les 40 kilomètres de montée restants. Au col, nous admirons au loin de magnifiques sommets enneigés avant de nous lancer dans la descente très tortueuse vers Abancay. La nuit tombe rapidement et nous nous arrêtons dans une petite maison le long de la route pour passer la nuit, accueillis par Jacqueline (si si, c’est son vrai nom !), sa famille et son maté.

Mardi 24. Nous sommes réveillés à 6h du matin par une radio au volume maximum crachant de la musique (…façon de parler…) péruvienne. Difficile de faire la sourde oreille, nous remballons nos affaires et descendons à Abancay. De là, nous prenons un bus jusqu’Ica, ville près de la côte, afin de nous rapprocher de Lima car le décompte des jours est proche de son terme.

Pérou –
Pérou –

Mercredi 25. Nous visitons l’oasis d’Huacachina où nous réalisons que nous avons atterri au milieu de dunes de sable après une nuit de bus ! En effet, en vingt-quatre heures, le décor a radicalement changé. Les villes côtières modernes remplacent les villages pauvres. Les vallées fertiles font place à un désert aride, où le soleil brille et la chaleur est étouffante. Les routes sinueuses et tranquilles disparaissent, cédant la place à la Panaméricaine, plate et bondée de camions qui nous rasent sans aucun scrupule !

Après un plongeon dans l’océan Pacifique, nous roulons jusque Pisco où les policiers nous autorisent à monter notre tente dans les fondations de leur nouveau commissariat à 10 mètres de la place principale. La ville est animée et oooh bonne surprise, ici, les gens ne se couchent pas à 21h ! Mauvaise surprise par contre, seuls deux bars vendent du pisco, alcool typique produit dans la région.

Jeudi 26. Les caves à vin et à pisco apparaissent enfin ! Que les Chiliens et les Argentins se rassurent, le vin péruvien ne rivalise pas avec leurs crûs… quoiqu’au fur et à mesure des bodegas, il nous paraît de plus en plus buvable !

Et vendredi, ayant survécu à la Panaméricaine, ce sont nos derniers coups de pédales et notre ultime plongeon sur la belle plage de Cero Azul avant de prendre le bus pour Lima.

Pérou –
Pérou –


Itinéraire Bis

9 03 2009

La décision n’a pas été facile à prendre mais il a fallu s’y résoudre: nous ne traverserons pas le Tibet, cadenassé à double tour pendant tout le mois de mars par les autorités chinoises qui craignent des troubles à l’occasion du 50e anniversaire de la fuite du Dalaï Lama vers l’Inde en 1959.
Vendredi en fin d’après-midi, nous avions rendez-vous avec le personnel du Consulat belge de Shanghai au grand complet pour une dégustation de bière spéciale au bar officiel (heu non pardon dans la salle de réunion « spéciale ») puis au restaurant pour se faire une idée sur la situation politique tibétaine.
Dès le début de la discussion, l’interdiction formelle semblait l’emporter, mais au fur et à mesure que le bar se remplissait de vidanges, l’idée d’un voyage à Lhasa pour nous sortir d’un cachot commençait à leur plaire de plus en plus…
Mais la mauvaise nouvelle est arrivée de l’ambassade de Pékin via le site du Ministère des Affaires étrangères :

Vu la situation politique tendue au Tibet, la province chinoise n’est pas accessible aux touristes non-chinois, et ce jusqu’au moins à la fin du mois de mars. De même, les régions d’ethnie tibétaine des provinces voisines (Gansu, Sichuan, Qinghai et Yunnan) sont fermées aux étrangers. Si vous pensez vous rendre en voyage dans une de ces régions en avril ou en mai, il est conseillé de vérifier la situation auprès de votre agence de voyage et consulter nos conseils aux voyageurs.

Ce qui nous empêche même d’arriver jusqu’à Kunming et Dali, dans la province chinoise du Yunnan, d’où nous pensions nous lancer à vélo vers les contreforts de l’Himalaya.
Les autorités chinoises sont donc particulièrement sur les nerfs pendant ce mois de mars et selon le Consulat, les risque d’expulsion du territoire, sans autre forme de procès, sont réels… Comme vous savez maintenant que la prudence est de mise dans notre équipe, nous nous sommes rabattus sur notre itinéraire bis que voici :

Voyager en train de nuit jusque Pékin, où nous prendrons nos visas pour le Kirghizistan, remonter enfin en selle pour partir plein Ouest le long de la Grande Muraille de Chine vers le désert de Gobi, traverser la région autonome de la Mongolie Intérieure, le long de la chaîne de montagnes du Qilian Shan, rejoindre enfin la mythique Route de la Soie qui nous mènera vers Urumqi, puis vers la ville de Kashgar d’où nous quitteront la Chine vers le Kirghizistan via le col du Turugart Shanku.

Depuis quelques jours, nous goûtons avec notre hôte Noureddine à tous les plaisirs de Shanghai, essayant même hier après-midi le hashing, un sport entre jogging et jeu de piste qui se déroule par groupe aux quatre coins du monde.

Ayant pour l’instant des problèmes techniques avec l’appareil photo, nous vous proposons une série de photos qui datent du passage de Julien à Shanghai en avril 2008.



Le BWT au Pôle Nord

5 03 2009

[UPDATE: Voici la séquence radio du jour, en direct de Shanghai !]

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Départ en trombe dimanche matin de Zaventem avec trois visas chinois en poche pour une traversée de l’Atlantique vers les États-Unis. Arrivée en pleine tempête de neige sur le tarmac d’Atlanta et redécollage 11h plus tard vers l’Amérique du Sud où m’attendent gentiment les deux autres lascars qui sirotent des piscos depuis plusieurs jours.

De l’aéroport de Lima, un taxi me ramène chez Julien et Leila Hayois, un couple de jeunes Belges trop cools (ils risquent de venir lire le blog) qui nous ont accueillis dans leur appartement de Miraflores, le temps de régler nos problèmes administratifs.

C’est le retour dans l’hémisphère sud et donc en plein été… Gros choc thermique après une semaine dans la grisaille belge ; il était plus que temps de remettre les orteils à l’air et de ressortir les shorts !

Une après-midi de surf sur les plages de Miraflores et il est déjà temps de rentrer faire les sacs, avant de partager un dernier souper « à la belge » avec nos amis et de filer vers l’aéroport.

Grâce à une étude minutieuse des conditions de la compagnie aérienne, trois rouleaux de scotch nous font économiser un gros paquet d’euros en permettant de faire passer nos vélos comme seconds bagages de soute… L’ambiance est à la fête !
À minuit tapantes, nous sommes tous les trois confortablement assis dans le B777 d’Air Canada qui nous emmène vers Toronto (en repassant au dessus d’Atlanta), au milieu des grands lacs nord-américains.
Atterrissage par -17°C, cinq heures d’escale et nous repartons pour un second vol, plein Nord, qui nous emmène en Chine, après avoir survolé le Grand Nord canadien, le Pôle Nord, la Russie, la Mongolie et la Grande Muraille de Chine.

ShanghaiCinq Bacardi-coca plus tard, nous voilà enfin sur le sol chinois, pas peu fiers d’exhiber nos visas aux douaniers et de pouvoir enfin s’asseoir dans le TGV à lévitation magnétique dont nous rêvions depuis des mois, qui nous propulse vers le centre ville à 430km/h…
Il pleut, il fait gris et froid mais on y est ! Notre dernier continent… Finies les échéances avec les dates d’embarquement pour le vol suivant : d’ici, on rentre en vélo…

Depuis hier, nous sommes accueillis comme des rois chez Noureddine, un jeune expatrié verviétois (qui parle donc aussi de chique-sur-un-bois pour parler de sucette) avec qui nous allons goûter aux plaisirs des karaokés, du chien grillé et de l’alcool de riz, avant de nous élancer pour les six derniers mois de notre aventure.
Demain, nous avons rendez-vous avec le Consul belge pour discuter de notre itinéraire et de la situation au Tibet. On vous tient au jus…

On en profite également pour vous rappeler le concours de l’été qui se termine dans quelques jours : dernières photos, dessins ou gribouillis scannés acceptés jusqu’au 10 mars. Le cadeau en laine d’alpaga péruvien est déjà en Belgique… Retrouvez les règles du jeu en cliquant ici, et bonne chance à tous !