5000 derniers KM

29 04 2009

Le départ du BiKeWorldTour au parc du Cinquantenaire, Bruxelles

Alors que nous finissons d’en découdre avec notre 8e mois de voyage, nous entrons dans les 5000 derniers kilomètres de notre périple. Pour aider le compteur des dons à rejoindre celui des kilomètres, nous proposons cette nouvelle formule de parrainage, « 5000 derniers KM ».

Cette dernière ligne droite nous verra passer par l’Iran, la Turquie, la Grèce, la Macédoine, l’Albanie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Slovénie, l’Italie, la France, l’Allemagne pour aboutir vers la mi-août en Belgique, notre point de départ.

La formule est simple : 5000 km, 50 € soit 0,01 € / km *. Ce montant sera, comme tous les dons précédents, entièrement versé à MSF.

Pour parrainer le BikeWorldTour de cette façon, cliquez ici.

Et si vous, lecteur régulier, avez déjà contribué à notre action, n’hésitez pas à la faire connaitre en diffusant l’adresse du site autour de vous.

“Les Médecins Sans Frontières apportent leurs secours aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes d’origine naturelle ou humaine, de situation de belligérance, sans aucune discrimination de race, de religion, de philosophie ou de politique.”

Voici, en quelques mots ce à quoi peut servir votre don :

bwt_msf_accouchement

- soigner une personne atteinte de tuberculose : 10 euros
- traiter un patient du choléra : 22 euros (un kit pré-conditionné contenant tout le matériel médical et logistique nécessaire pour soigner 625 malades coûte 13.553 euros, soit 22 euros par patient).
- le vaccin contre la rougeole : 0,23 euros -> 23 euros pour 100 vaccins.
- sauver de la malnutrition : 33 euros (la nourriture thérapeutique est conditionnée en sachets qui coûtent 0,26 euros.  Selon la gravité de son état, un enfant devra en consommer 3 par jour pendant 3 à 6 semaines, soit un maximum de 126 sachets pour un coût total de 33 euros).
- le suivi d’un accouchement difficile : 40 euros (assistance médicale adéquate pour un accouchement difficile : utilisation d’une ventouse, traitement des hémorragies post-partum, journées d’hospitalisation)
- 15 consultations pré et post-natales : 60 euros
- soigner la malaria : 0,77 euros (2 comprimés par jour pendant 3 jours pour un adulte) -> 77 euros pour 100 patients.
- fournir des antirétroviraux à un malade du Sida : 100 euros par an.
- la prise en charge d’une césarienne : 180 euros
- kit médical d’urgence : 400 euros (kit médical permettant de soigner 1.000 personnes durant 3 mois)
- kit choléra pour 625 patients : 13.553 euros.

Nous vous rappelons également que les formules de parrainage suivantes sont encore disponibles :

- Freaky Country : le parrainage de chaque pays au prix de € 0,01/km.

- Mollets en Feu : un nombre “rond” de kilomètres : 1000, 2500 ou 5000 km (10, 25, ou 50 €)

Merci à tous pour votre soutien !

* MSF vous remettra une attestation pour déduction fiscale.



From China to Kirghizstan

26 04 2009

[en fin d'article, des choses à voir et à entendre...]

Par JF, notre chroniqueur de la semaine

Nous voilà sortis de Chine. Après plus de 50 jours entre Shanghai et Kashgar, 3316 km sur nos bécanes, nous avons enfin passé la frontière kirghize le 23 avril au pied des montagnes du Pamir.
Avant de vous raconter ce passage de frontière qui n’a pas été des plus simples, retour sur nos derniers jours en Chine.

Kirghizstan – Vue sur le Pamir
Kirghizstan – Vue sur le Pamir

Nous sommes dans la province du Xinjiang, sur la route de Kashgar, ou plutôt sur l’itinéraire bis vers l’extrême ouest de la Chine qui traverse des régions ouïghours méconnues de la plupart des étrangers. Tellement peu visitées que les policiers eux-même ne savent pas comment réagir lorsqu’ils nous aperçoivent. Contrôle de passeports tout les 20 km, interdiction de loger chez l’habitant, des heures au téléphone avec des interprètes chinois-anglais… et, un jour, interdiction de continuer notre route. Heureusement, nos bons contacts avec l’ambassade de Belgique à Pékin débloquent la situation et nous poursuivons notre route. Un col à plus de 3000 mètres, une tempête de neige, une tempête de sable et un record de vitesse de Julien plus loin (88,4 km/h quand même hein), et nous atterrissons au bout du désert du Taklamakan.

Chine –
Chine –

Kashgar est LA ville du commerce de l’Asie centrale. Attention, pas commerce comme on l’entend chez nous, non; ici on se trouve dans un marché géant : ça crie, ça discute les prix, ça sent le crottin d’âne par ici, on s’enivre de l’odeur des brochettes de mouton par là… On trouve de tout, de la cravache en patte de chèvre à la meilleure soie de la région en passant par la baïonnette pour kalachnikov que Julien ne manquera pas de se procurer (non pas qu’il possède une kalach au fond d’une sacoche mais que, mise en accès rapide sur son vélo, il éloigne maintenant les chiens agressifs avec un certain style digne de Mel Gibson dans Braveheart).
Une pause en ville après des semaines dans la campagne ou la montagne, ça fait du bien… Et dans une ville uygur, c’est encore mieux ! Roulades de viande, beignets de raisins et riz aux légumes et nous sommes full energy pour attaquer la piste de danse. Les fêtes uygur, c’est très bizarre mais très simple. Si un jour sur un malentendu vous vous retrouvez dans ce genre d’endroit, voici comment faire. Quand le DJ le demande, montez sur la piste. Mettez les bras en l’air, faites bouger les mains comme le fait Louis de Funès dans Rabbi Jacob et tournez en rond en n’oubliant pas d’avancer successivement la hanche droite puis la gauche. Ayez l’air sûr de vous, regardez les danseurs autour de vous dans le blanc des yeux et n’éclatez surtout pas de rire quand Nico fait la poule au milieu du cercle. La musique s’arrête, tout le monde va s’asseoir. Attention c’est le principe de la chaise musicale, je vous conseille d’avoir préalablement posé votre verre en face d’un fauteuil confortable. Le tout arrosé d’un alcool local et tout se passera bien.

Fini le confort de la ville, il est temps d’enfourcher les bikes pour rejoindre le Kirghizstan voisin. Le plan est simple : 2400 mètres d’ascension en deux jours pour rejoindre le col du Torugart et on redescend du côté kirghize vers le lac Ysyk Köl. La réalité est toute autre… La carte est, une fois de plus, fausse, et nous faisons un bon 60 kilomètres de détour rempli de montées et de descentes. On arrive finalement au poste de douane avancé situé au pied du col. Deux ou trois heures de discussion avec les militaires, les douaniers, leurs interprètes par téléphone et l’ambassade belge de Pékin et nous devons nous faire une raison : on ne passera pas cette frontière sans passer par une agence de voyage.
Nous revenons donc le lendemain, armés d’une 4×4 prête à embarquer les vélos, d’un chauffeur et d’un guide en possession de tous les documents administratifs nécessaires pour nous emmener à la frontière. « Il y a une nouvelle règle » nous dit notre guide après avoir longuement discuté avec l’armée chinoise, « il faut une agence de voyage kirghize qui vous récupère de l’autre côté ».
Cette fois-ci c’en est trop, nous n’avons ni les moyens ni la patience et encore moins l’envie de persévérer dans ce petit jeu qui commence à nous énerver… Nous changerons notre itinéraire pour passer la frontière via une douane classique sans chi-chi. Nous laissons donc tomber notre projet de tour du lac Ysyk Köl et partons en direction de Osh.

Chine –
Chine –

La brume qui nous accompagnait depuis un bon bout de temps en Chine disparaît complètement après une bonne drache à la belge et laisse place à un paysage magnifique. Les derniers kilomètres chinois par cet itinéraire improvisé ne nous déçoivent pas… Montagnes enneigées, vallées peuplées de chevaux et de chameaux, le tout sur une route extrêmement calme et sous un soleil apaisant.
Alors que Nico, dernier porteur du témoin du relais 3x maladie, est dans la dernière ligne droite pour le sprint final, nous arrivons à la frontière sino-kirghize. Une fois le passage de douane ouvert, nous avons du mal à y croire… aucun souci pour obtenir le cachet de sortie, douaniers souriants et pas plus de problèmes du côté kirghize. Seul un vent de face assez puissant vient perturber cette journée qui nous emmène aux pieds des contreforts du Pamir. Les montagnes de cet énorme massif asiatique sont impressionnantes; les sommets à plus de 6000 mètres qui nous entourent semblent n’être constitués que de neige et de glace… Sur nos vélos, on se sent tout petits à côté d’une nature aussi imposante.

Changement de pays, changement d’ambiance.

Kirghizstan – Kalachnikov en main apres une bouteille de vodka avec les militaires
Kirghizstan – Kalachnikov en main apres une bouteille de vodka avec les militaires

On est en fin de journée et voilà notre premier contrôle de passeport sur sol kirghize. Le militaire nous fait signe d’entrer dans sa cabane et nous installe à côté du poêle. Le temps de noter plein de trucs dans son carnet, nous l’invitons à partager nos derniers biscuits chinois. Des biscuits, ça ne se mange pas tout seul ici apparemment; voilà qu’il sort de son tiroir une bouteille de vodka… Il veut nous donner du courage pour le col qui nous attend. Il ne faudra pas un quart d’heure pour venir à bout de ce breuvage local. Chauffé par ses petits shots, le soldat nous fait essayer fièrement son arme russe et s’amuse avec la baïonnette de Julien. Nous lui demandons un peu d’eau pour notre bivouac mais il préfère nous offrir encore une bouteille à 40° fraîchement reçue comme bakchich d’un camionneur. Joyeux, nous continuons notre montée sur cette piste chaotique jusqu’à notre bivouac de rêve… sur herbe verte et entourés de sommets enneigés.

Les deux jours qui suivent se font au milieu de paysages incroyables. Le détour en valait franchement la peine et le contact avec les Kirghizes est excellent. Seule la qualité de la « route » laisse à désirer. Dans un passage d’ornière, une de mes sacoches avant se prend dans un caillou; vol au dessus du guidon et atterrissage à quatre pattes dans 20 centimètres de boue bien fraîche. Je suis prêt pour un combat de lutte dans la boue mais ni Julien ni Nico n’osent m’affronter.
Les camionneurs du pays ont leur manière bien à eux de supporter ces pistes qui secouent sans cesse leurs cabines : pause vodka toutes les heures ! Quelles que soient les conditions de froid ou de vent, on se retrouve dans le kiosque du village pour une bouteille avant de reprendre la route… Mieux vaut les aider à terminer les bouteilles pour qu’ils ne soient pas trop dangereux au volant.

Nous sommes maintenant à Osh, séparés de 700 kilomètres de la capitale Bishkek où un avion pour Téhéran nous attend le 6 mai prochain. Lacs, rivières et cols de montagne au programme de ces sept prochains jours… À bientôt !

11 nouvelles photos chinoises

Kirghizstan –
Kirghizstan –
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Kirghizstan – Bivouac
Kirghizstan – Bivouac
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Kirghizstan –

31 photos kirghizes

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La séquence Cocktail Curieux de jeudi dernier

 

Ramon Perez
envoyé par BikeWorldTour
 


Visa Hell

20 04 2009

Dans quelques semaines, dès la sortie de la Chine, nous rentrerons dans cette partie du monde que les voyageurs au long cours surnomment « l’enfer des visas ». Depuis l’entrée au Kirghizstan jusqu’à ce que l’on pose le premier pied sur le sol turc, la galère est la même pour tout le monde : file aux ambassades, listes d’attente, agences spécialisées, coûts exorbitants, …
Ceux qui suivent ce site de près se souviennent sans doute des acrobaties que nous avons dû faire pour nos deux premiers sésames asiatiques : le visa chinois et le visa kirghize.

Voici un petit résumé de ce que nous avons pu trouver sur les sites officiels et le forums spécialisés :

- Visa pour l’Ouzbékistan : ambassade à Bishkek. Y aller avec un interprète russophone. S’inscrire sur une liste d’attente et prendre un rendez-vous. Ensuite sept jours ouvrables pour le visa. On garde le passeport pendant la procédure. ±80€.
- Visa pour le Turkménistan : ambassade à Tashkent. Visa normal de 30 jours très difficile à obtenir. Un mois voir deyx d’attente. Existe un visa de transit. Dix jours ouvrables pour l’obtenir. Valable trois ou cinq jours selon les versions. Obligation de traverser le pays en fusée et de donner les dates et les points d’entrée et de sortie du pays. Obligation d’avoir le visa du pays suivant. 35$.
- Visa pour l’Iran : ambassade à Bishkek et… grosse galère pour obtenir le visa de 30 jours. Existe des agences qui fournissent des lettres d’invitation pour accélérer le processus ou des codes avec lesquels on peut retirer le visa dans une ambassade en quelques jours. Officiellement dix jours ouvrables après paiement pour l’obtention du code. Nombreux utilisateurs mécontents sur les forums. Visa 50€ + agence 30€. Existe un visa de transit de 15 jours délivré aux aéroports de Téhéran (50€). Prolongeable dans les grandes villes.

Cela fait maintenant trois semaines que nous écumons ces sites, écrivons des e-mails aux agences sans recevoir de réponses et que le problème tourne sans arrêt dans nos têtes. Pour mettre fin au casse-tête et pour pouvoir enfin de nouveau profiter pleinement du voyage en prenant notre temps et en choisissant des itinéraires qui nous plaisent mais qui prennent plus de temps, nous avons décidé de faire un saut de puce en avion au début du mois de mai entre Bishkek et Téhéran.
Ce pont aérien nous évitera deux visas extrêmement pénibles à obtenir et nous donnera droit au visa  de transit iranien depuis l’aéroport de Téhéran. Nous gagnons plus d’un mois d’attente aux ambassades. Et d’ici là, cela nous laisse le temps de gambader dans les montagnes kirghizes et de faire le tour du lac d’Ysyk Köl avant de remettre les vélos dans les cartons.

Nous allons sans doute recroiser à nouveaux les deux équipages français qui pédalent autour du monde en même temps que nous et qui se sont déjà frottés de près ou de loin à des problème identiques, se résignant à changer leur itinéraire :

- « Couleur du Monde » a abandonné son itinéraire via l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Depuis l’Asie du sud-est, ils sont remontés en train/bus via la Chine et sont actuellement au Kazakhstan. Ils projettent un nouvel itinéraire via la Mer Caspienne, l’Azerbaïdjan et la Géorgie.

- « Le temps d’1 tour » vient d’arriver en Thaïlande depuis l’Amérique du Sud. Ils ont visiblement des difficultés à obtenir un visa chinois de plus de 30 jours et ne sont pas sûrs d’obtenir le précieux document pour traverser la Mongolie et la Russie. Peut-être un retour sur nos traces ?

Voyez notre itinéraire mis à jour.



Tian Shan, fin

17 04 2009

Les bikers et la police chinoise, c’est sur la Première !

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Les déguisements moustache pour l’annif de Jul : l’Allemand, le Rabbin et le Kurde

Chine – L'Allemand, le Rabbin et le Kurde
Chine – L’Allemand, le Rabbin et le Kurde

Nico et JF nous racontent la suite des aventures dans le Tian Shan.

Dimanche 07/04. Nous sommes réveillés de bon matin par les quelques agneaux nés pendant la nuit et qui appellent leur mère. Rapide rangement des tentes et en route. Il nous reste en théorie à parcourir une trentaine de kilomètres de piste facile avant de rejoindre une bonne route asphaltée et la ville de Bayanbulak où nous pourrons nous ravitailler. Çà c’est pour la théorie.

Chine – Campement d'ouvriers
Chine – Campement d’ouvriers

En pratique, il en va autrement : la dite route est en travaux et il n’en reste qu’une piste interrompue tout les 500 mètres par un pont en construction qui nous force à traverser de nombreux gués. À Bayanbulak, la police tente de nous retenir pour la nuit : on annonce des orages, -30°C, tempête de neige… il n’en faut pas plus pour nous donner envie d’y aller.
Les travaux semblent interminables et la piste se dégrade de plus en plus… Mais qui dit travaux interminables dit aussi campements d’ouvriers. C’est donc chez eux que nous trouvons refuge pour une nuit bien fraîche (-4°C dans la tente).

Lundi 08/04. Il n’y a qu’un bon moyen de nous sortir de nos duvets par un froid pareil : nous proposer à manger ! La cuisine des ouvriers est délicieuse à tel point que nous en faisons des provisions pour midi.
Au programme de la journée : un beau col à 3600 m et toujours autant de travaux et de pistes difficiles. Ça commence tout doucement à monter et les paysages deviennent de plus en plus sauvages avec l’altitude. Pour la pause de midi, les ouvriers ont eu la bonne idée de placer leurs campements à intervalle régulier et c’est à nouveau chez eux que nous nous ravitaillons.

Chine – Travaux dans le tunnel
Chine – Travaux dans le tunnel

L’après-midi, on monte, on monte, on monte, mais pas de col à l’horizon. Par contre, au bout d’une solide ascension verglacée et enneigée, nous nous retrouvons devant un tunnel qui ressemble fort à la porte de l’Enfer : pas d’éclairage, impossible d’en voir le bout, un bruit de moteur assourdissant et de la fumée d’échappement asphyxiante. Pas le choix, il faut se lancer ! Au milieu de ce tunnel sans éclairage, on tombe sur des ouvriers… encore eux ! Occupés à faire du feu, ils nous regardent passer comme des extra-terrestres. De l’autre côté, c’est une belle descente qui nous attend jusqu’au « Lac du Dragon ». Pour changer, nous passons la nuit… dans un camp d’ouvriers. On commence à s’y faire…

Mardi 09/04. Un bon bol de nouilles et c’est parti : aujourd’hui, c’est journée descente vers le désert du Taklamakan. Le paysage va donc changer dans l’autre sens : on quitte les sommets enneigés et les vallées encaissées pour traverser une superbe zone de roches rouges et ocres qui nous emmène en faux-plat descendant jusqu’au désert de sable et de cailloux. Julien, malade, n’en peut plus et nous passons la nuit sous tente au milieu de nulle part.

Le lendemain, nous continuons notre route vers l’ouest pendant deux jours à travers cette large vallée sèche jusqu’à Aksu. Après une douche plus qu’utile, il nous faudra bien six jours pour rejoindre Kashgar, notre dernière ville chinoise. Il paraît qu’on y trouve le plus grand marché de cette région d’Asie…

Chine – L'Allemand, le Rabbin et le Kurde
Chine – L’Allemand, le Rabbin et le Kurde

Au moment d’écrire cet article, nous avons déjà effectué deux de ces six jours. Nous traversons une région où il n’y a jamais dû y avoir beaucoup de touristes et où ils ne sont pas vraiment les bienvenus; selon la loi du district, il nous est interdit de résider chez l’habitant. À deux reprises, la police chinoise a débarqué chez nos hôtes uyghurs (très accueillants et qui n’ont jamais demandé d’être chinois) et nous a emmené dans l’hôtel le plus proche. Situation difficile à avaler surtout quand on était paisiblement installés à boire du thé en jouant de la guitare et en partageant nos connaissances géographiques sur la carte de la Chine. Nous imposons donc nos règles aux chinois : « nous n’avons pas d’argent pour payer l’hôtel, trouvez nous une solution ». Sachant qu’il est également interdit de camper et qu’ils refusent de nous loger au commissariat, au moment où nous avons fait mine de partir à vélo pour rouler toute la nuit sans dormir, le chef nous a rappelé et nous a offert la nuit d’hôtel. Deux nuits à l’hôtel donc, contre notre gré et aux frais de la police. Pour la prochaine soirée, on se cachera dans notre tente loin de la route et on fera le plein d’alcool de riz pour fêter dignement l’anniversaire de Julien ! BON ANNIVERSAIRE.

Chine –
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Chine – Pan gros zoom dans les naseaux
Chine – Pan gros zoom dans les naseaux
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Chine – Passage a -127m dans la Depression de Turpan
Chine – Passage a -127m dans la Depression de Turpan

14 nouvelles photos chinoises



À l’assaut du massif du Tian Shan

12 04 2009

Le voilà. Il est tout chaud. Il sort du four. Un article de Julien pour vous raconter plus en détails la première partie de ces dix journées folles à travers la chaîne de montagnes du Tian Shan.

Chine – Le col la bas tout en haut...
Chine – Le col la bas tout en haut…

Mardi 31/03. Réveil à Turpan. Nous voilà prêts à affronter le Xinjian, la dernière province chinoise qui se dresse sur notre route. Nous avons voulu dormir à la belle étoile dans un parc de la ville mais son gardien nous a installé dans son local, au milieu des lampadaires cassés et des outils de jardinage.

Chine – Passage a -127m dans la Depression de Turpan
Chine – Passage a -127m dans la Depression de Turpan

Nous quittons la ville de bonne heure vers le Sud pour traverser la Dépression de Turpan, le troisième endroit le plus bas du monde après la Mer Morte et la Mer de Galilée en Israël.
Vers midi, nos altimètres affichent -127 mètres… Même en plongée c’est dur de faire mieux !
Nous atteignons la ville de Toksun en fin d’après-midi et logeons chez Mike, un Uygur que nous rencontrons au cyber-café.

Mercredi 01/04. Dix jours sans se laver… on se contentera ce matin-là d’un mini-arrosoir qui nous servira de douche. Petit déjeuner chez la fiancée et on quitte la ville vers l’Ouest, en remontant petit à petit au-dessus du niveau de la mer.
Nous voilà de nouveau dans le désert. Le soleil tape. L’horizon est toujours bloqué par une couche de poussière derrière laquelle les première montagnes apparaissent vers le milieu de l’après-midi.
Dans un village, au pied des premiers contreforts du Tian Shan, les gens nous annoncent à force de grands gestes que la route est bloquée 20 km plus loin…
On décide d’aller voir nous-mêmes sur place, on portera un peu les vélos s’il le faut.
Mais le long de la route, cela semble se confirmer. Les versions sont chaque fois différentes : route ou paroi effondrée, lit de la rivière sur l’asphalte… sur 30 ou 100 km… mais en tout cas ça ne passe pas.
On se résigne à faire demi-tour et à prévoir un détour de près de 300 km par le Nord, en passant par la ville d’Urumqi et quelques beaux cols d’altitude.
Dans le village, on nous désigne une vieille ruine abandonnée où nous pouvons étaler nos matelas pour passer la nuit.

Jeudi 02/04. Quand on se réveille, la pièce est pleine de Chinois qui nous observent. Le soleil brille toujours mais le vent semble avoir tourné pour venir nous affronter toute la journée.
Grosse galère pour trouver la bonne route qui finalement se révèle être une piste poussiéreuse, qui quitte la ville en prenant rapidement de l’altitude vers le Nord.
Notre nouvelle carte routière hongroise commence à montrer ses première faiblesses et nous décidons de prendre un petit coup d’accélérateur avec un pick-up qui nous avance de 30 km et nous ramène sur le macadam.

Chine –
Chine –

Les paysages changent ; sommets enneigés à l’horizon et froid de canard : nous sommes de retour en montagne.
Vers 15h, nous passons un col à 2500 m et entamons la descente vers la plaine et la ville d’Urumqi.
Paysages alpins avec les yourtes mongoles, les mosquées et les églises orthodoxes en plus.
La coupure entre la montagne et la plaine est nette. On passe de l’un à l’autre avec une brutalité étonnante.
25 km à lutter contre le vent en traversant les steppes et nous voilà à Urumqi, la capitale de la province « autonome » du Xinjiang. Des buildings de verre au milieu des plaines avec des sommets blanc en fond de toile. Les compteurs affichent un joli 126 km pour la journée.
Un rapide passage sur internet et le site de CouchSurfing nous met en contact avec Jason (vous remarquerez les jolis noms américains que les Uygurs choisissent pour se présenter à nous), un Uygur d’une trentaine d’année qui nous emmène dans un drôle d’endroit : le ShowerClub…
Nous qui imaginions des compétitions de douche, avec des entraînements, des catégories et des règles strictes, nous avons été une fois de plus fort étonnés par les Chinois.
Ça commence par un lavement complet :douche, brosse à dent, rasoir, sauna et tout le bazar… tous tout nu au milieu des Chinois et des Uygurs.
Puis, on enfile une espèce de pyjama de prisonnier (tous le même) et on accède à une vraie ruche humaine au milieu de la ville : restaurants, jeux, sports, chambres, cinémas… le tout sur trois gigantesques étages, et fermé du monde extérieur. Un ticket d’entrée (3,5 €) donne droit à 24h sur place, avec presque tout à volonté.
On mange, on se redouche, on remange, on se repose, on remange… et on fini par passer la nuit dans les fauteuils d’un salon, perdus au milieu des autres abeilles…

Vendredi 03/04. Deux ou trois aller-retours entre les douches et le petit déjeuner plus tard, nous sortons du complexe, frais, propres et prêts à réattaquer la montagne.
On perd une heure à chercher l’ambassade européenne que Nico a repéré le long du chemin la veille et qui se révèle être une agence immobilière (European Embassy… j’vous jure).
La route 216 nous ramène vers le Sud et monte doucement vers ces montagnes que nous avions vaincues la veille et qui nous défiaient à nouveau, loin dans la brume.

Chine – la famille kazakhe
Chine – la famille kazakhe

Aujourd’hui on commence la grimpette. On annonce deux jours de montée pour atteindre le col du Shengli Daban dans les neiges éternelles, à plus de 4200 m d’altitude.
Les paysages sont magiques et font oublier la fatigue qui s’accumule dans les cuisses et les mollets. On arrive dans le petit village de Houxia en fin de journée où nous sommes accueillis comme des princes par une famille de Kazakhs avec qui nous passons une merveilleuse soirée de mimes et de découvertes. Bilan de la journée : 95 km et 1300 m de dénivelé.

Samedi 04/04. Réveil dans le salon kazakh. Petit déjeuner en famille puis on remonte en selle, décidés à en finir avec cette ascension. Les sommets font doucement leur apparition mais l’altimètre refuse toujours de s’emballer. Après 20 km, nous n’avons toujours pris que 300 m d’altitude… ça craint pour la suite. Il reste 22 km et 2000 m à grimper.
Une tempête de neige nous surprend à 10 km du col et nous oblige à nous réfugier dans une petite station météo chinoise où nous recevons du thé, du pain sec et du canard.
Quand le temps se dégage, nous avons les réponses à nos questions : le col est bien visible, là-haut, tout au bout des lacets qui serpentent sur ce versant fraîchement enneigé…
On laisse descendre quelques gros camions, histoire de nous faire une trace, on s’équipe et on s’élance en décomptant les tournants.

Chine – Au col
Chine – Au col

Ça glisse, ça patine, ça gèle, on pousse mais ça finit par passer : il nous faut plus de 2h30 pour achever ces 9 km jusqu’au col. Mais ça valait largement le déplacement et tous les efforts consentis pour arriver jusqu’ici. Sensation de haute montagne… à vélo.
Mais le temps file. Il est déjà presque 20h et on est toujours loin de toute zone propice à un bivouac. On lance alors une course contre la lumière du jour. Redescendre un max… et vite.
On frôle les 40 km/h sur la piste cahoteuse, on croise nos premiers yacks et 20 km plus bas, on est accueillis dans une base des travaux publics chinois. 74 km ajoutés au compteur et 2200 m de dénivelé dans les mollets. Ils nous font boire de l’alcool de riz avec le souper, on rigole un bon coup puis on s’écroule.

Dimanche 05/04. Avec l’altitude, la brume matinale a disparu. Les montagnes blanches à perte de vue nous donnent des ailes. En plus, à partir d’ici ça va descendre…
Après 10 km, nous retrouvons le bout de la route bloquée que nous avions quittée trois jours plus tôt : on n’est finalement pas déçus par le petit détour effectué !
La piste slalome dans des vallées de haute altitude pour rejoindre Balguntay à l’heure du dîner. Après ces 60 km de descente, nous sommes de retour à 1700 m. Il fait chaud, on peut retirer les moufles.
Petite sieste au soleil puis il est temps d’attaquer notre second col. C’est reparti, ça remonte toute l’après-midi le long d’une vallée aride balayée par le vent.

Chine – La roulotte de Timothé
Chine – La roulotte de Timothé

Vers 20h, on a atteint les 3000 m d’altitude et le nombre de kilomètres prévus par la carte… et toujours pas de col à l’horizon. P***** de carte.
Nous trouvons refuge chez Timothé et sa roulotte pour la nuit (il faut savoir que malgré la meilleure volonté du monde, nous ne parvenons jamais à obtenir ne fût-ce que le prénom de nos hôtes… alors, au hasard d’une phrase en chinois, nous entendons une sonorité qui ressemble à un prénom de chez nous… ce soir ce sera Timothé).
Un énorme poêle ronronne au milieu de sa minuscule roulotte. Il nous invite à fumer du papier journal, on lui propose de regarder « Le Boulet ». Il fait 35°C quand on se met au lit et Timothé remplit le poêle à fond pour la nuit. On se colle aux minuscules fenêtres pour chercher un peu de fraîcheur.

Chine –
Chine –

Lundi 06/04. Il fait 2°C ce matin dans la roulotte… on fait beaucoup moins les malins. On a délaissé les fenêtres pour se rouler au fond de nos duvets.
Trois kilomètres après avoir quitté le campement, nous atteignons le col. La route redescend dans une large vallée glacière et nous ramène vers des contrées plus vertes.
L’après-midi, nous bifurquons sur une piste qui nous conduit au milieu d’une vallée de steppes où des bergers uygurs à cheval surveillent leurs troupeaux de moutons. Nous croisons des yacks, des chameaux.
Quand le soir tombe, nous trouvons refuge chez des éleveurs, et nous plantons les tentes entre la bergerie et la minuscule yourte qui abrite toute la famille. Nous jouons aux bergers et les aidons à rentrer les troupeaux, eux à cheval, nous à vélo, puis nous passons la soirée en leur compagnie, agglutinés autour du poêle à bouse de yack qui réchauffe leur habitation.

La suite dans quelques jours.

Chine – On remonte pour le second col
Chine – On remonte pour le second col
Chine –
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Chine –
Chine – Nuit sous les etoiles des steppes chinoises
Chine – Nuit sous les etoiles des steppes chinoises
Chine –
Chine –
Chine – Ca patine...
Chine – Ca patine…

33 nouvelles photos chinoises



Tian Shan

8 04 2009

[update] Ce jeudi sur La Première, des nouvelles toutes fraîches :

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Chine – Premier col du Tian Shan, 2500m
Chine – Premier col du Tian Shan, 2500m

Après la traversée du Gansu, nous avons rejoint notre dernière province chinoise et retrouvé notre terrain de jeu favori : la haute montagne.

Depuis une grosse semaine, nous roulons dans les steppes de haute altitude, traversons des cols enneigés et dormons avec les bergers au milieu des glaciers et des lacs.
Le moral et la forme sont au zénith, et nous permettent d’effectuer des étapes marathons dans ces paysages de rêves…

Voici une petite série de photos pour vous mettre l’eau à la bouche et vous permettre d’attendre un article plus détaillé sur cette traversée de la chaine du Tian Shan.

Chine – Ca patine...
Chine – Ca patine…
Chine – Cavalier Uyghur
Chine – Cavalier Uyghur
Chine –
Chine –
Chine – Des yourtes dans un paysage alpin
Chine – Des yourtes dans un paysage alpin
Chine –
Chine –

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Le BikeWorldTour s’échauffe

4 04 2009

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L’échauffement matinal


Échauffement matinal
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